Les CAUE, en pointe sur la trame verte et bleue

Le 07 février 2018 par Romain Loury
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Carte des continuités écologiques
Carte des continuités écologiques
INPN

Par leur présence sur le terrain, les conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) constituent un outil de choix pour la mise en œuvre de la trame verte et bleue. Exemple, ces huit projets lancés en 2016 par leur fédération nationale, dont un séminaire de reconstitution s’est tenu mardi 6 février à Montpellier.

Nés de la loi sur l’architecture du 3 janvier 1977, les CAUE ont pour vocation de promouvoir la qualité de l’architecture, de l’urbanisme et de l’environnement à l’échelle du département. Au nombre de 93, ils sont présidés par des élus locaux.

Plusieurs d’entre eux, tout d’abord dans les anciennes régions Aquitaine et Rhône-Alpes, se sont intéressés à la trame verte et bleue. En partenariat avec le ministère de l’environnement et Régions de France (ex-Association des régions de France), la Fédération nationale des CAUE (FNCAUE) a lancé en juillet 2016 un appel à manifestation d’intérêt (AMI) à ce sujet.

Huit projets

Financés à hauteur de 20.000 euros en moyenne, huit projets ont été retenus, dont les résultats ont été présentés mardi 6 février lors d’un séminaire organisé à Montpellier par la FNCAUE. Les projets sont divers, tenant compte des particularités naturelles de chaque région, ayant trait par exemple à la promotion du bocage dans la région Pays de la Loire, ou à la préservation des plages de Guadeloupe.

D’autres, comme l’Occitanie et l’Ile-de-France, ont opté pour des actions de type «arpentage», au cours desquelles des élus locaux sillonnent le territoire en compagnie d’urbanistes, d’écologues et de paysagistes, qui leur expliquent sur le terrain, et par voie d’exemples, les enjeux de la trame verte et bleue.

En Rhône-Alpes, le projet, qui a associé divers partenaires comme la région, la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) et la Ligue de protection des oiseaux (LPO), s’est penché sur la trame verte et bleue en zone urbaine et périurbaine. Pour cela, les pratiques de 18 communes de la région ont été analysées, puis une expérimentation lancée sur cinq autres sites. Le tout aboutira à un guide référentiel afin d’aider les communes qui souhaitent s’engager dans la trame verte et bleue.

Un changement de langage nécessaire

En matière de continuités écologiques, «les CAUE peuvent apporter l’ingénierie nécessaire, ils disposent d’atouts importants au service de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme», juge Sébastien Forest, directeur général adjoint de la Dreal Occitanie. D’autant que la biodiversité n’est qu’une préoccupation naissante pour la plupart des élus.

Nombreux sont ceux qui pensent qu’il faut changer de langage pour convaincre ces derniers: «ce n’est pas forcément en parlant de services écosystémiques qu’on y arrivera, mais plutôt en évoquant la qualité des paysages, le bien-être, la qualité de vie», explique Simon Woodsworth, chargé de projet biodiversité et territoires au conseil régional d’Occitanie.

«Ce discours prend de plus en plus auprès des élus, car les gens attendent de plus en plus de ce côté-là», ajoute-t-il. Dans une région telle que l’Occitanie, et en particulier l’Hérault qui fait face à une forte pression démographique et où l’artificialisation des sols est la plus rapide, le temps presse: la région «n’a pas forcément fait les bons choix», estime Simon Woodsworth, selon qui «il faut revoir ce modèle» d’aménagement.

Même point de vue chez Caroline Rigaud, chargée de mission à la FNCAUE: «un membre d’un CAUE m’a dit que les élus ne voulaient pas entendre parler de biodiversité, que la trame verte et bleue était un terme trop technocratique, alors que quand on leur parle de bocage, cela va mieux. Il faut détechnocratiser, déjargonner pour mieux sensibiliser. C’est tout l’intérêt des CAUE, qui ont un contact très local. Ce qu’ils font avec les élus dans ces arpentages du territoire, c’est un bon vecteur pour sensibiliser les élus».



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