Les catastrophes ont déplacé 19 millions de personnes en 2014

Le 21 juillet 2015 par Stéphanie Senet
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L'Asie, continent le plus meurtri
L'Asie, continent le plus meurtri

Selon le rapport annuel publié le 20 juillet par l’Observatoire des situations de déplacements internes (IMDC)[1], 19,3 millions de personnes ont dû quitter leur domicile en 2014. Cent pays sont touchés, en grande majorité des pays en développement.



[1] L’International displacement monitoring center dépend du Conseil norvégien pour les réfugiés (ONG)

 

 

Depuis 2008, environ 26,4 millions de personnes ont été déplacées chaque année. Il faut toutefois noter de forts écarts selon les années. Si on a compté 42,4 M de personnes en 2010, il y en a eu près de trois fois moins l’année suivante (15 M en 2011).

Une constante toutefois: les événements météorologiques extrêmes représentent la première cause des catastrophes depuis 2008 (22,5 M de déplacés chaque année en moyenne). L'an dernier, elles ont conduit 17,5 M de personnes à se déplacer contre 1,7 M en raison des conditions géophysiques.

 

60% de risques supplémentaires

L’IMDC, qui a analysé ces migrations depuis 1970, estime que la probabilité d’être déplacé à cause d’une catastrophe s’avère 60% supérieure à celle d’il y a 4 décennies.

Les populations des pays en développement représentent 91% des déplacés en 2014 et leur exposition risque de s’accroître au cours des prochaines années.

Les pays développés ne sont pas pour autant à l’abri: ils ont connu 1,8 M de déplacés l’an dernier soit 9% du flux mondial. En Europe, les fortes inondations dans les Balkans ont déplacé 190.000 personnes en 2014.

 

L’Asie la plus touchée

Avec 87% des déplacés, l’Asie reste le continent le plus touché par ces migrations du désespoir. Fort logiquement, la Chine, l’Inde et les Philippines sont les pays les plus affectés. Les inondations, tempêtes, séismes et éruptions volcaniques y ont mis sur les routes 15 à 20% des déplacés mondiaux.

A noter que les petites îles ont connu, entre 2008 et 2014, trois fois plus de déplacements que la moyenne annuelle[1].

En termes de durée, le rapport d’IMDC ne comprend pas de données précises. Mais un déplacement n’est pas forcément temporaire. Les rédacteurs citent en effet des cas où les déplacés ont dû s’éloigner de leur domicile pendant 26 ans.

Aucune reconnaissance juridique
Le statut de réfugié climatique a été une nouvelle fois refusé, ce 21 juillet, en appel, par la Cour suprême de Nouvelle-Zélande à un ressortissant des îles Kiribati. Agé de 38 ans, Ioane Teitiota avait emménagé dans ce pays en 2007 avec sa femme et ses trois enfants. Il s’estime gravement menacé par la montée des eaux dans les îles Kiribati.

A l’agenda

Au final, l’objectif de l’Observatoire est de faire inscrire la prise en charge des déplacés à l’agenda politique post-2015. Les rendez-vous internationaux ne manqueront d’ailleurs pas, que ce soient les futurs objectifs du développement durable (ODD), l’application de la convention de Sendai post-2015, et bien sûr la COP 21. «Pour l’heure, les négociations climatiques ne s’intéressent guère à la question des migrations. Les déclarations finales des conférences de Cancun en 2010, de Doha en 2012 et de Lima en 2014 ne comportent qu’un seul paragraphe assez vague sur le sujet», explique au JDLE Dina Ionesco, chargée de programme à l’Organisation internationale des migrations (IOM). «Il est urgent que l’accord de Paris progresse sur la question», estime-t-elle.



[1] Proportionnellement à leur population

 



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