Les cars Macron ne concurrencent pas les TER

Le 09 juillet 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Un trafic en pleine croissance. Mais quid de la rentabilité financière?
Un trafic en pleine croissance. Mais quid de la rentabilité financière?
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Dynamique, le marché libéralisé du transport interurbain par autocar s’est envolé entre 2016 et 2017. Pas sûr que la rentabilité soit toutefois au rendez-vous.

 

Les cars Macron cassent la baraque! Voilà qui devrait redonner du tonus au chef de l’exécutif, en cette période de morne sondage. Ce bilan n’est pas dressé par les communicants de l’Elysée mais par l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer). Dans son rapport annuel, qu’elle a publié vendredi 6 juillet, l’Arafer souligne le dynamisme du secteur des autocars.

Entre 2016 et 2017, le nombre de liaisons a progressé de 28% (303 villes sont désormais desservies). Les transporteurs assurent 1.666 liaisons, un chiffre en hausse de 34% en un an. L’amélioration de l’offre s’est traduite par un bond du trafic, en toute saison.

plus de 7 millions de passagers

L’an passé, les autocars Macron ont transporté plus de 7 millions de voyageurs, soit 14,5% de mieux que l’année précédente. A 105 millions d’euros, le chiffre d’affaires des autocaristes a bondi de 26%. Et leur rentabilité aussi. Sur 100 kilomètres, la recette moyenne par passager flirte avec les 5 € HT: +17% en un an.

Ce sont les liaisons transversales qui profitent le mieux de l’intérêt que manifestent les Français pour l’autocar. Désormais, ces liaisons représentent 53% de la fréquentation, contre 45% un an plus tôt.

Peu de réactions régionales

Ces évolutions ont-elles été préjudiciables au train? Pas vraiment. L’Arafer rappelle que les régions qui estimeraient que la libéralisation du trafic d’autocar engendre une concurrence déloyale par rapport aux liaisons ferroviaires régionales peuvent saisir l’autorité. Or, a souligné Bernard Roman, le président de l’Arafer, «sur l'ensemble des saisines reçues, le manque à gagner pour les activités TER a été chiffré en moyenne entre 0,005% et 0,8% des concours publics». Pas vraiment un raz de marée. L’Arafer estime d’ailleurs que 17% des personnes transportées en autocar n’auraient pas voyagé si elles avaient dû choisir entre le train ou la voiture. En résumé, l’autocar transporte des gens qui sans lui seraient restés chez eux. 

activité rentable?

Dynamique, l’activité libérée en août 2015 par le ministre de l’économie Macron est loin de remplir le contrat que lui avait assigné le précédent gouvernement. L’administration de François Hollande estimait que, dérégulé, le transport par autocar pourrait créer 22.000 emplois. Trois ans plus tard, le secteur emploie un peu plus de 10% de ce qui avait été prévu. Economiquement, le bilan n’est pas flatteur non plus.

La filiale de la SNCF, Ouibus, a engrangé 130 millions de pertes, dont 45 M€ pour la seule année 2016. Son principal concurrent, l’Allemand FlixBus, n’accuse qu’un déficit de 3 à 6 M€ pour cette même année. L’année 2017 ne devrait pas être très favorable aux transporteurs. Selon des chiffres encore provisoires, les taux de remplissage des autocars peinent à décoller: entre 39 et 47%. A peine mieux qu’en 2016.



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