Les cargos à voile vont bientôt prendre le large

Le 02 juillet 2019 par Victor Miget
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Les deux premiers cargos de Neoline sont prévus pour 2021.
Les deux premiers cargos de Neoline sont prévus pour 2021.
@néoline

L’armateur Neoline voguera avec Neopolia pour la construction de ses deux premiers cargos à voile, prévue en 2021.

 

Alors que la décarbonation dans le secteur maritime est de plus en plus avancée comme une nécessité par l'Organisation maritime internationale (OMI), des entreprises puisent dans le passé pour voguer proprement vers le futur. Tel Neoline qui mise sur le cargo à voile. L’armateur nantais a annoncé, ce mardi, le nom du gagnant pour la construction de ses deux premiers cargos à voile. And the winner is : la société ligérienne Neopolia. La lettre d'intention de commande sera signée vendredi, à Nantes, dans le cadre de l’exposition Mer XXL.

Basée à Saint-Nazaire, Neopolia fait partie d’un réseau regroupant 235 entreprises industrielles des Pays de la Loire. Elle a été retenue après un appel d'offres international lancé auprès d'une quinzaine de chantiers navals.

Et il va falloir carburer, car les mises à l’eau sont prévues pour 2021. La construction des deux bâtiments devrait débuter fin 2019. Ces navires "à propulsion principale vélique" auront « vocation à devenir de véritables ambassadeurs des entreprises du territoire à l'international, et à incarner la capacité de la France à réaliser sa transition énergétique dans le domaine du transport maritime », ont déclaré Neoline et Neopolia dans un communiqué.

Une empreinte carbone réduite

Les navires de ce gabarit sont généralement de vraies usines (infernales) à carbone et le seul fret maritime représente 7 % de la consommation mondiale de pétrole. A contrario, les navires rouliers à voile permettent de diminuer l’empreinte carbone de 80 à 90%, selon Neoline. 90, c’est justement le nombre de millions que coûtera la fabrication de ces deux voiliers. Neoline doit d’ailleurs encore trouver entre 40 et 45 millions pour lancer le premier cargo. 30% avec des fonds propres et 70 % avec des emprunts bancaires. 

« Notre équipe se consacre maintenant pleinement, avec l'appui de Neopolia et de l'ensemble de nos partenaires, à mobiliser le financement nécessaire à la concrétisation de ce projet industriel innovant, écologique et emblématique pour la région Pays de la Loire et la France", a assuré Michel Pery, président de Neoline.

A voile et à vapeur

Leur propulsion principale ? Une voile de 4.200 mètres carrés. Elle devrait à elle seule garantir une vitesse de 11 nœuds. Mais si le vent venait à manquer, un moteur diesel de 400 kilowatts (kW) (fonctionnant au gasoil, moins polluant que le fioul lourd) assurera ses arrières. Il permettra d’atteindre une vitesse maximale de 14 nœuds. Un pack batterie est également envisagé pour soutenir le moteur. 

Côté mensuration, le bâtiment cargo mesurera 136 mètres de long pour 24 de large. Soit l’équivalent de 280 conteneurs. Il permettra, entre autres, de transporter des marchandises impossibles à stocker dans des containers et à de telles vitesses. Comme des engins de chantier, des véhicules agricoles, de manutention etc. 

La première ligne devrait relier Saint-Nazaire à la côte Est américaine et Saint-Pierre-et-Miquelon. Plus précisément : Saint-Nazaire-Bilbao-Charleston-Baltimore-Saint-Pierre-et-Miquelon. 

 

 

 



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