Les Calanques marseillaises au service de la prospection pétrolière

Le 04 mars 2005 par Ludivine Hamy
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calanques
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Une partie du massif des Calanques, qui s'étend de Marseille à Cassis, va être passée au scanner et modélisée, dans le but d'améliorer la prospection pétrolière au Moyen-Orient.

L'opération a commencé il y a trois mois par une étude des lieux. Cette semaine, une équipe menée par le professeur Jean Borgomano du centre de sédimentologie et de paléontologie de l'université de Provence est de nouveau sur le terrain pour scanner 6 à 7 km de falaises du massif des Calanques. L'objectif: étudier les caractéristiques de sédimentologie des falaises et élaborer une modélisation en trois dimensions afin d'améliorer la prospection pétrolière au Moyen-Orient. En effet, on sait depuis longtemps que les principales réserves pétrolières du Moyen-Orient se trouvent piégées dans des réservoirs carbonatés structurés comme le massif des Calanques. Ce massif fournit donc un excellent analogue des réservoirs du Moyen-Orient, enfouis sous plusieurs centaines de mètres de profondeur et accessibles seulement par de profonds forages. La modélisation des Calanques devrait guider les implantations des forages pétroliers dans les années à venir. Quand on sait que d'ici 10 à 15 ans, seuls les gisements du Moyen-Orient auront encore des réserves d'hydrocarbures, on mesure tout l'intérêt économique du projet. Les conclusions de l'étude feront d'ailleurs l'objet d'une thèse de doctorat d'ici deux ans.

Pour mener à bien cette opération, les équipes disposent d'un scanner-laser qui ressemble à une petite télévision de 40 cm de côté, posée sur un trépied. Cet équipement, qui sert habituellement à scanner des bâtiments pour modéliser des ouvrages d'art en 3D, a été loué par l'université grâce au concours financier de plusieurs compagnies pétrolières. A l'aide de cibles réfléchissantes, d'un GPS et d'un rayon laser qui balaie le relief, cet appareil de haute technologie permet de modéliser les fonds au millimètre près, complétant ainsi les images données par satellite. A terme, les fonds des Calanques seront recomposés grâce à la mosaïques de photos prises depuis la terre ferme. Le résultat final présentera une image modélisée de la topographie des lieux, sur laquelle sera superposée une photo numérique des Calanques telles qu'on les voit à l'oeil nu.

Cette opération de "scannerisation" menée conjointement par le CNRS et l'université de Provence n'est pas la première du genre dans le monde. D'autres opérations similaires ont déjà été menées, notamment en Espagne et aux Etats-Unis (Texas), afin de surveiller les glissements de terrain. Des études sur l'évolution des glaciers (essentiellement sur le phénomène de fonte) ont également été réalisées. De son côté, l'armée dispose depuis longtemps de ce genre de matériel pour affiner les cartes topographiques établies à partir de satellites.

Aujourd'hui, le professeur Borogamo, qui a travaillé 17 ans pour la compagnie pétrolière Shell, souhaite développer l'utilisation de cette technologie de pointe pour d'autres problématiques environnementales. «Il existe un grand nombre de sujets auxquels on pourrait appliquer cette technologie. Par exemple, dans le cadre des politiques de conservation des paysages, le scanner peut permettre de suivre l'évolution d'un paysage ou d'un profil côtier, et de détecter ainsi les glissements de terrain, les constructions abusives…», déclare-t-il. Son objectif est désormais de convaincre le conseil régional, le conseil général, d'autres universités et le CNRS d'investir dans l'achat d'un scanner.






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