Les Britanniques dessalent les eaux de la Tamise

Le 27 avril 2011 par Geneviève De Lacour
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Une toute nouvelle usine de dessalement devrait éviter à des millions de foyers londoniens de connaître des coupures d’eau si la sécheresse se prolonge. C’est ce qu’annonce un article publié le 22 avril dernier dans le journal britannique The Telegraph.

Thames Water, compagnie de distribution d’eau privée, a démarré le 30 mars dernier sa première usine de dessalement. Située à Beckton dans l’est londonien, l’usine peut pomper jusqu’à 570 millions de litres d’eau chaque jour en filtrant les eaux saumâtres de la Tamise et stocker l’eau traitée dans ses réservoirs.

 
L’installation, controversée dès l’origine, consomme deux fois plus d’énergie par litre d’eau produit qu’un système conventionnel.
La compagnie a déboursé plus de 300 millions d’euros pour l’usine. Pour l’instant, l’installation est en cours de test. «Il ne faut pas considérer cette mise en route comme un signe de pénurie d’eau. Nous avons commencé à utiliser l’installation au 6e de sa capacité parce que nous souhaitons effectuer les derniers réglages et compléter la formation des opérateurs. Depuis la mise en service, le fonctionnement est intermittent», précise Simon Evans, porte-parole de Thames Water qui fournit 2,6 millions de mètres cubes d’eau par jour à 8,7 millions de Londoniens.
 
Les écologistes estiment que la compagnie devrait plutôt essayer de réduire ses fuites sur le réseau. Thames Water possède un triste record en la matière puisqu’elle perd 625 millions de litres d’eau par jour.
 
«Même si actuellement nos réserves sont remplies à 95%, nous ne pouvons pas prédire le temps qu’il va faire», déclare Simon Evans. «Si l’été est particulièrement sec, nous utiliserons l’usine. C’est pour cela qu’elle a été construite, après tout
A l’origine, Thames Water souhaitait faire fonctionner cette usine uniquement en période de sécheresse mais elle a décidé d’étendre l’activité de l’installation aux périodes de faible pluviosité. «Lorsque nous entrons en période de sécheresse, il est souvent trop tard pour refaire le plein des réserves
 
L’usine utilise un procédé d’osmose inverse, c’est-à-dire que la circulation de l’eau salée est forcée contre une membrane, celle-ci filtrant les impuretés et le sel. Une technique si efficace qu’elle retient aussi les minéraux normalement présents dans l’eau du robinet. Ces minéraux doivent donc être ajoutés après traitement, pour rendre l’eau potable.
 
Le projet avait été proposé par Thames Water après la sécheresse de 2005-2006, mais l’ancien maire de Londres, Ken Livingston, s’y était opposé arguant que le procédé était beaucoup trop énergivore.
 
«Depuis 2005, nous avons amélioré nos services. Nous avons remplacé près de 2.400 kilomètres de conduits et réduits de 27% nos fuites», complète Simon Evans. En 2008, le projet a reçu le feu vert du nouveau maire Boris Johnson, qui avait déclaré à l’époque que sans cette usine, le sud-est de l’Angleterre risquait de connaître de graves pénuries d’eau.
 


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus