Les Britanniques choisissent le nucléaire franco-chinois

Le 21 octobre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Xi Jinping et David Cameron relancent le nucléaire britannique.
Xi Jinping et David Cameron relancent le nucléaire britannique.
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EDF construira deux tranches EPR, dont le tiers du capital sera détenu par la compagnie CGN. En contrepartie, l’électricien français aidera son partenaire chinois à bâtir, au Royaume-Uni, un réacteur made in China sur son site de Bradwell. Ce qui pourrait déclencher par la suite une nouvelle commande de deux EPR anglais, en partie payée par la Chine.

La transition énergétique anglaise sera tirée par un attelage inattendu de ce côté-ci du Channel. Comme annoncé depuis des mois, Londres vient de finaliser un accord anglo-franco-chinois, alors que débute la visite d’Etat au Royaume-Uni du président chinois, Xi Jinping.

Deux EPR à Hinkley Point

Comme prévu, EDF Energy, filiale britannique de l’électricien français, construira deux réacteurs EPR (fournis par Areva) sur le site de Hinkley Point C. D’une puissance installée de 3.200 mégawatts électriques, cette centrale nucléaire produira, dès 2025, environ 7% de l’électricité consommée outre-Manche. Toujours comme prévu, China General Nuclear (CGN, anciennement China Guangdong Nuclear Power Holding Corp) prendra le tiers du capital de l’installation, soit un investissement de 6 milliards de livres (8,2 milliards d’euros).

Daya Bay et Ling Ao

Les deux entreprises se connaissent bien. CGN a construit et exploite, notamment, les centrales nucléaires de Daya Bay et de Ling Ao, dont les réacteurs sont des copies conformes des tranches françaises de 900 MW. EDF avait assuré l’assistance à maîtrise d’ouvrage de ces deux centrales et assuré la formation des techniciens et des ingénieurs. Ces centrales participent en outre au «championnat de France» de la sûreté nucléaire, en «compétition» avec les installations d’EDF.

Rente nucléaire

Pour attirer les investisseurs (ceux d’Arabie saoudite se sont finalement désistés), le gouvernement britannique avait conclu il y a deux ans un accord avec EDF Energy, autorisant l’électricien à vendre, 35 années durant, la production de Hinkley Point C au prix astronomique de 92,5 livres le mégawattheure (126 €/MWh, trois fois le prix du MWh nucléaire français). Cette convention a été attaquée en justice par plusieurs électriciens européens et par l’Autriche.

Le débarquement de Hualong 1

En contrepartie de cet investissement, la Chine a (presque) obtenu de construire et de financer aux deux tiers un réacteur made in China de 1.000 MWe sur le site de Bradwell, appartenant à EDF. Les premiers bétons ne sont pas prêts d’être coulés. Ce réacteur, de type Hualong 1 (Dragon 1), n’est pour le moment certifié qu’en Chine. Quatre machines de ce type sont en cours de construction. L’Argentine pourrait aussi en acquérir un exemplaire. Profitant de son expérience, EDF Energy aidera China General Nuclear à faire certifier son dernier-né par les autorités de sûreté britanniques. En cas de réponse favorable, CGN pourrait alors décider (pas avant 2018) de financer également la construction de deux autres EPR, à Sizewell.



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