Les Brésiliens inventent le Rio -20

Le 20 juin 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Une future négociatrice ?
Une future négociatrice ?

Avant leur départ pour la cité carioca, les participants au 5e sommet de la terre (baptisé Rio +20) n’avaient guère d’espoir d’en repartir le front ceint des lauriers du succès. Publié, comme prévu par le gouvernement brésilien, hier 19 juin (la veille de l’ouverture officielle du sommet), le projet de résolution finale du sommet est proche de la nullité absolue.

Après 6 mois de négociations, les diplomates reconnaissent, en 49 pages, que les objectifs fixés lors du 3e sommet de la terre (Rio en 1992) n’ont pas été tenus, pas plus que ceux du sommet du Millénaire, de Johannesburg. En revanche, ils n’hésitent pas à affirmer que le changement climatique est l’un des principaux problèmes de notre temps, que l’action des femmes est déterminante pour aboutir au développement durable, qu’il faut aider les pays pauvres à se développer, que le chômage des jeunes est un fléau, au même titre que la déforestation, le sida ou l’acidification des océans.

La synthèse des engagements pris est, en revanche, rapide à rédiger. Rien ou si peu. Les négociateurs sont tombés d’accord pour créer un «forum politique intergouvernemental universel et de haut niveau» pour remplacer la Commission du développement durable de l’ONU, dont l’existence et l’utilité avaient, jusqu’à présent, échappé au plus grand nombre. Mais avant cela, il faudra encore ouvrir un «processus de négociation ouvert, transparent et inclusif» pour déterminer la feuille de route dudit forum. Deux décisions constructives en 283 paragraphes!

Les parties prenantes, dont le rôle est d’ailleurs loué par les rédacteurs, n’en sont pas revenues.

«Les membres de l'Alliance pour la haute Mer (High Seas Alliance) ont été profondément déçus par la décision de retarder l'action sur la protection de la haute mer dans le texte de la conférence», annoncent-ils dans un communiqué.

«Aucun des négociateurs présents dans la salle n’était satisfait. C’est dire si le texte est faible», confirme la commissaire européenne à l’action climatique, Connie Hedegaard.

«Si la mise en avant par le Mexique d’une croissante verte, en tant qu’épine dorsale de l’agenda à long terme du G20 est une bonne chose, nous sommes en revanche extrêmement déçus par les formules creuses qui dominent la déclaration finale du G20», déclare Lasse Gustavsson, directeur de la conservation au WWF International.

Reste un tout petit espoir: que les chefs d’Etat et de gouvernement qui entrent aujourd’hui dans la samba diplomatique, fassent un peu progresser les choses.



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