Les bourdons, à leur tour, disparaissent

Le 04 janvier 2011 par Célia Fontaine
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Certaines espèces de bourdons déclinent à un rythme inquiétant aux Etats-Unis, révèle une étude publiée le 3 janvier par les Annales de l'Académie nationale américaine des sciences (Pnas).

Les scientifiques ne se penchent pas seulement sur le sort des abeilles[1] (dans le JDLE). Le bourdon (Bombus en latin), également grand pollinisateur de plantes sauvages et domestiques[2], serait lui aussi en train de disparaître.

Après trois années de recherche, l’étude conduite par Sydney Cameron, entomologiste à l'université de l'Illinois, montre que les populations de 4 grandes espèces de bourdons (sur les 15 fréquentant l’Amérique du Nord[3]) ont diminué de 96 %, ces 20 dernières années aux Etats-Unis.

Si les causes ne sont pas encore claires, il apparaît que les populations en déclin ont été infestées par Nosema bombi, un pathogène microscopique. La contamination a pu se produire au cours de voyages transatlantiques des insectes. Au début des années 1990, des colonies américaines ont en effet été louées à des cultivateurs européens pour fertiliser leurs cultures, avant d’être renvoyées aux Etats-Unis. Les entomologistes estiment que les insectes ont pu être contaminés lors de leur séjour dans le Vieux monde avant de ramener avec eux le protozoaire nuisible.

Une faible diversité génétique serait également responsable de ces disparitions, selon l'étude américaine.

« Une colonie de bourdons, avec sa population plus ou moins dense dans un volume restreint, où règnent des conditions thermiques et hygrométriques élevées, représente un milieu propice à l’apparition et à la diffusion d’épidémies », surtout dans les élevages, peut-on lire dans une étude précédente sur les maladies et les parasites des bourdons, publiée par l’Inra et le CNRS. Pour ses deux auteurs, la transmission de la maladie par Nosema bombi est avérée. Ce qui n’est pas le cas par voie héréditaire. « Les souillures de certains milieux par les excréments, alimentaires notamment, pourraient contribuer à la contamination des autres individus de la colonie », précisent-ils.

L'étude publiée le 3 janvier n’a pas étudié le lien entre pesticides et mortalité des bourdons. Apiculteurs et associations de défense de l'environnement estiment pourtant que les pesticides sont en grande partie responsables de la surmortalité des abeilles et se battent depuis des années pour le retrait des néocotinoïdes (Gaucho, Cruiser, Proteus...) du marché, utilisés en enrobage des semences ou en pulvérisation (dans le JDLE). Ces produits sont donc peut-être également nocifs pour les bourdons.



[1] Depuis 2006, on observe un phénomène appelé « Colony Collapse Disorder » : les ruches se vident soudainement sans que les causes en aient été encore déterminées avec certitude.

[2] Par exemple, la culture de la tomate en serre exige, pour la pollinisation, la présence d’un nombre important de colonies de bourdons, du fait de la durée de la période de floraison.

[3] Il y a au total 250 espèces connues de bourdons dans le monde.



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