Les boues d’un chimiste sur des terres agricoles

Le 27 novembre 2018 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Vue aérienne de la station d'épuration.
Vue aérienne de la station d'épuration.

Epandre des boues issues de la station d’épuration d’une usine qui fabrique de produits chimiques est une pratique ancienne dans ce secteur de Picardie. Une enquête publique s’achève sur le plan d’épandage. L’autorité environnementale régionale se veut rassurante.

 

L’enquête publique s’achève ce 28 novembre. Son objet? Recueillir l’avis de 69 communes de l’Oise et de l’Aisne sur les champs desquels vont être épandues quelque 8.000 tonnes de boues sur 4.000 hectares, issues de la station d’épuration de la plate-forme industrielle de  Lamotte à Trosly-Breuil, exploitée par la société WeylChem Lamotte SAS. Une pratique devenue courante depuis plusieurs décennies pour cette station d’épuration de 300.000 équivalents habitants, qui jouxte une usine de produits chimiques. Après avoir abandonné la valorisation de ces déchets organiques il y a quelques années, la société a dû réactiver cette filière et refondre son plan d’épandage, soumis à autorisation.

Sur la base d’analyses menées en 2016, le pétitionnaire produit un tableau sur les concentrations en éléments traces métalliques et composés traces organiques.

Dans son avis rendu le 12 juin 2018, la mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) des Hauts-de-France estime que la «faible teneur» de ces éléments et composés sont bien «en-deça des valeurs réglementaires» et se montre rassurée que les épandages ne seront effectués «que sur des parcelles régulièrement cultivées, labourées et désherbées.» Ce qui laisserait indemne les zones refuge pour la faune, précise t-elle. Et d’ajouter «l’absence de risque se justifie sur la faune par le caractère peu appétant des boues.» Quant au risque de retrouver des éléments-traces metalliques dans la chaîne alimentaire, il est «limité».

Depuis 1896

«Les nuisances olfactives et des produits toxiques sont toujours à craindre», estime cependant Isabelle Prévost, conseillère à Angivillers citée par Le Courrier Picard. Cette commune du Plateau picard a voté contre, en dépit des assurances de l’entreprise de déshydrater et chauler les boues. En fonctionnement depuis la fin du 19ème siècle, l’entreprise a ses clients dans les secteurs de l’agrochimie, la pharmacie, l´industrie de la beauté et des soins corporels et la chimie fine.

 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus