Les boissons sucrées font plus ou moins grossir… selon les conflits d’intérêt

Le 08 janvier 2014 par Romain Loury
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Les Mexicains consommeraient en moyenne 163 litres de sodas par an.
Les Mexicains consommeraient en moyenne 163 litres de sodas par an.
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Les conflits d’intérêt financier ont un effet bénéfique sur les sucres ajoutés: ils en annulent les effets sur le poids, révèle une étude de la littérature publiée dans la revue PLoS ONE.

La cause est entendue: les boissons à sucres ajoutés entraînent une hausse de poids et constituent même l’un des moteurs de l’épidémie mondiale d’obésité. Du moins dans les études indépendantes: dans celles dont les auteurs reconnaissent un conflit d’intérêt financier, ces boissons font très souvent l’objet d’une étrange indulgence.

C’est ce que révèle une étude espagnole menée par l’université de Navarre (Pampelune) et l’Institut de santé Carlos III de Madrid. Les chercheurs ont repris 17 méta-analyses et revues de la littérature menées sur les boissons à sucres ajoutés, dont 6 émanaient d’auteurs déclarant des conflits d’intérêt avec l’industrie concernée. Parmi ces dernières, le financement en question concernait l’étude elle-même.

Résultat: 83,3% des méta-analyses signées par des équipes indépendantes (10 sur 12 conclusions) concluaient à l’association entre boissons à sucres ajoutés et prise de poids. A l’inverse, le même pourcentage d’études entachées de conflits d’intérêt (5 sur 6 conclusions) concluaient à une absence de preuve!

 

Une «pression» consciente ou non

 

Difficile de dire d’où vient la différence, ces méta-analyses se basant sur une même littérature scientifique. Peut-être dans le choix des études, dans la méthodologie choisie pour la méta-analyse, ou dans l’interprétation des résultats finaux… Pour les chercheurs, il est indéniable que le fait de travailler ou d’être financés par l’industrie entraîne une «pression», consciente ou non.

«Dans ce contexte, les éditeurs de revues scientifiques doivent jouer un rôle afin de réduire ce biais potentiel, en formulant et en renforçant leur règlement en matière de déclaration de conflits d’intérêt», indiquent les auteurs. Une condition certes nécessaire, mais qui n’est manifestement pas suffisante.



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