Les boissons sucrées, cause directe d’obésité

Le 03 octobre 2012 par Romain Loury
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On est foutus, on boit trop.
On est foutus, on boit trop.

Les boissons contenant des sucres ajoutés constituent bien un facteur crucial d’obésité chez l’enfant et l’adolescent, selon de nouvelles études publiées dans le New England Journal of Medicine (NEJM).

Du fait qu’elles ne provoquent pas de satiété, comme les aliments solides, les boissons sucrées favorisent le surplus de calories, avec au final une prise de poids. Ce qui expliquerait pourquoi leur consommation croissante coïncide avec la recrudescence d’obésité infantile observée au cours des dernières décennies.

Si plusieurs études observationnelles ont confirmé un lien entre ces boissons et l’obésité, d’autres n’y sont pas parvenues. Raison la plus probable, le fait que les enfants qui en consomment le plus sont aussi de plus gros mangeurs et passent plus de temps devant la télévision, ce qui a pu faire douter d’un effet direct des boissons sucrées.

Janne de Ruyter, de l’université VU d’Amsterdam, et ses collègues viennent de lever le doute, en démontrant leur impact direct sur le poids des enfants. Opportunément nommée DRINK (Double-blind, Randomized Intervention Study in Kids), cette étude contrôlée est la plus grande à avoir testé directement une consommation définie de ces boissons chez des enfants.

Pendant 18 mois, 322 enfants ont reçu une cannette de boisson sucrée par jour, tandis que 319 autres avaient droit à un équivalent au sucralose et l’acésulfame potassium, édulcorants artificiels non caloriques. Tous ignoraient à quel groupe ils appartenaient.

Au terme de l’étude, les enfants du groupe sucres ajoutés avaient pris 1,01 kilogramme de plus que le groupe contrôle, dont 0,5 kg en masse graisseuse, tandis que leur indice de masse corporelle (qui mesure le poids rapporté à la taille) était supérieur de 0,36 kg/m2.

«Un enfant américain boit en moyenne presque 3 fois plus de calories provenant de boissons à sucres ajoutés que dans notre étude. Réduire leur consommation pourrait certainement permettre d’abaisser la prévalence élevée de surpoids qui existe aux Etats-Unis», concluent les chercheurs.

Dans le même numéro du NEJM, l’équipe de David Ludwig, du Children’s Hospital de Boston (Massachusetts), a obtenu des résultats similaires chez des adolescents obèses ou en surpoids. Quant à l’étude conduite par l’équipe de Qibin Qi, de la Harvard School of Public Health (également de Boston), elle révèle que les sucres ajoutés ont un effet plus marqué chez les personnes ayant des facteurs génétiques de prédisposition à l’obésité.

Déjà pionnière dans l’affichage calorique sur les menus des restaurants, la ville de New York a décidé en septembre d’interdire la vente de sodas en taille maxi -ceux dont la taille dépasse 16 onces (48 centilitres)-, mesure qui devrait entrer en vigueur en mars 2013.



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