Les boissons énergisantes sous la loupe de l'Anses

Le 13 juin 2012 par Romain Loury
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Point trop n'en faut.
Point trop n'en faut.

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a lancé une enquête sur les risques liés aux boissons énergisantes, après deux nouveaux décès par arrêt cardiaque.

Contenant des ingrédients supposés stimulants (taurine, caféine, guarana, ginseng, vitamines, etc.), ces boissons sont souvent consommées lors d'un effort sportif ou dans un contexte festif, en association avec de l'alcool. Ce qui n'est pas sans inquiéter les autorités sanitaires, qui ont relevé plusieurs effets indésirables: cardiovasculaires (tachycardie, accidents vasculaires cérébraux, crises cardiaques mortelles), neurologiques (épilepsie, tremblements, vertiges), psychiatriques (angoisses, agitation, confusion).

Dans un communiqué publié le 6 juin, l'Anses évoque 24 cas recensés par l'Institut de veille sanitaire (InVS) entre 2008 et 2009, dont 13 présentant «un lien de causalité possible ou probable» avec ces boissons. Puis 6 autres, dont 4 chez des moins de 30 ans, depuis que le dispositif de nutrivigilance a été récupéré par l'Anses, en 2009. Derniers en date, deux crises cardiaques mortelles, qui ont poussé l'agence à approfondir l'enquête.

«Pour explorer plus précisément les éventuels risques liés à la consommation de boissons énergisantes (notamment en lien avec la consommation d'alcool ou la pratique d'une activité sportive), l'agence invite les consommateurs à faire part à un professionnel de santé de tout effet indésirable suspecté d'être lié à la consommation de boissons énergisantes», indique l'Anses. Quant aux professionnels, ils doivent faire remonter ces cas à l'agence via un formulaire de nutrivigilance disponible à l'adresse http://www.ansespro.fr/nutrivigilance.

Pour l'association Consommation Logement Cadre de Vie (CLCV), il est temps de mettre en place pour ces boissons un étiquetage «déconseillant de manière visible le mélange de ces produits avec l'alcool». «Il est par ailleurs indispensable que la confusion entre ces boissons et celles réellement destinées aux sportifs [les boissons énergétiques, ndlr] soit levée», ajoute-t-elle dans un communiqué.

La CLCV déplore le marketing des entreprises, qui tendent à en «banaliser la consommation», notamment via des soirées étudiantes organisées par Coca-Cola pour sa boisson Burn, ou par le sponsoring d'événements sportifs (Red Bull, Dark Dog), «alors même que ces breuvages ne sont pas des boissons de l'effort». Autre demande de l'association: l'instauration de teneurs maximales en caféine afin d'«éviter toute forme d'escalade dans ce domaine», même si les niveaux atteints en France n'atteignent pas «les sommets observés aux Etats-Unis».

Selon une étude que l'Anses publiera à l'automne prochain, la consommation de boissons énergisantes dans un cadre sportif est en augmentation, et «27% des consommateurs de moins de 35 ans associent, au moins de temps en temps, ces produits à de l'alcool. Un cocktail qui diminuerait l'impression d'ébriété, mais pas sa réalité»



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