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Les berges de Paris resteront-elles piétonnières?

Le 22 octobre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Une piétonnisation en sursis.
Une piétonnisation en sursis.

Mauvaise passe pour la mairie de Paris. Après la fin brutale, cet été, de son service de voitures électriques partagées (Autolib’) et la mise en place très laborieuse de sa nouvelle offre de vélos en libre-service, voilà que l’une de ses actions-phares en matière de reconquête de la voirie –la piétonnisation des voies sur berge– est mise à mal par la justice.


La cour d’appel de Paris a rendu son verdict. Faute d’avoir fait réaliser une véritable étude d’impact, la décision de la mairie de Paris de réserver aux piétons et aux cyclistes les voies sur berge de la rive droite de la Seine est considérée comme illégale. L’affaire remonte à 2016. En septembre, le conseil de Paris adopte une délibération bannissant la voiture sur plus de 3 kilomètres de voies sur berge. Décision confirmée quelques jours plus tard par un arrêté de la maire, Anne Hidalgo.

nombreux opposants

Sans surprise, le conseil régional, plusieurs collectivités franciliennes, associations et riverains avaient demandé dans la foulée l'annulation de l'arrêté. Dans une première décision, le tribunal administratif avait annulé la délibération du conseil de Paris mais pas l'arrêté lui-même, estimant que l'étude d'impact du projet «comportait des inexactitudes, des omissions et des insuffisances». Un détail qui allait peser lourd.

un verdict au-delà des réquisitions

Ce lundi 22 octobre, la cour d’appel de Paris a confirmé l'annulation de la délibération et annulé l'arrêté municipal. Cette décision va bien au-delà des réquisitions du rapporteur public. Au début du mois, le magistrat avait conclu à l'annulation du jugement du tribunal administratif de Paris et au rejet des requêtes présentées par les opposants.

Dans son avis, la Cour estime que «l'étude d'impact a délibérément occulté» une partie notable des conséquences du projet sur la pollution et les nuisances sonores. Elle reproche notamment à la mairie d'avoir limité «l'analyse (...) de la pollution atmosphérique à une bande étroite, autour des berges» sans la chiffrer sur des axes plus étendus.

pas d'effet sur la pollution atmosphérique

Les berges vont-elles être rendues au trafic automobile? Pas pour le moment. Anticipant peut-être des déboires judiciaires, Anne Hidalgo avait pris, en mars dernier, un nouvel arrêté, au nom cette fois de la défense du patrimoine, les berges étant classées à l'Unesco. Ce texte a, lui aussi, été attaqué: le tribunal administratif doit rendre sa décision sur ce point dans les prochains jours.

Selon un premier bilan, publié par l'association parisienne de mesure de la qualité de l'air (Airparif), la fermeture des voies sur berge n’a pas eu «d’effet significatif» sur l’exposition des Parisiens à la pollution atmosphérique. De nombreux habitants se sont en tout cas appropriés l’espace, signe de son succès auprès des habitants favorables à la réduction de la voiture en ville.



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