Les bébés caféinés naissent plus petits

Le 27 février 2013 par Romain Loury
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Même plus tard, ça n'est pas recommandé.
Même plus tard, ça n'est pas recommandé.

Les enfants exposés in utero à la caféine présentent un plus petit poids à la naissance, selon une étude suédoise publiée dans la revue BMC Medicine. Plusieurs études ont déjà été menées quant à l’impact éventuel de la caféine sur le futur bébé, sans parvenir à un consensus. Ecueil majeur de ce genre de travaux, le fait que la consommation de café est plus fréquente chez les fumeurs; or le tabac est lui-même lié à un risque accru de prématurité et de petit poids de naissance, qui favorisent les problèmes ultérieurs de santé.

Cet obstacle méthodologique, Verena Sengpiel, de l’hôpital universitaire de Sahlgrenska à Göteborg, et ses collègues sont parvenus à le lever grâce à la taille de leur étude (près de 60.000 femmes), qui leur a permis de séparer la consommation de café de celle des cigarettes. En dehors de celle-ci, les chercheurs montrent que la caféine entraîne bien un risque de faible poids de naissance. En laissant de côté les fumeuses, toute hausse quotidienne de 100 milligrammes de caféine -l’équivalent d’environ deux tasses de café filtre ou d’un expresso- réduit le poids du nouveau-né de 12 à 18 grammes.

Bien que modeste, cet écart à la norme est observé tout au long de la grossesse: les femmes enceintes dépassant les recommandations (plus de 200 mg de caféine par jour) ont jusqu’à 62% plus de risques de porter un enfant de faible taille pour son âge gestationnel. «En attendant que l’on soit certain du lien de causalité entre la consommation de caféine et le risque de faible taille pour l’âge gestationnel, il faut conseiller aux femmes enceintes de réduire leur consommation autant que possible», recommandent les chercheurs. A 200 mg de caféine par jour, voire 300 mg/jour pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les seuils actuellement recommandés durant la grossesse sont probablement encore trop élevés, ajoutent-ils.

D’autant que 10,8% des femmes incluses dans l’étude dépassaient les 200 mg quotidiens de caféine. Les chercheurs n’ont en revanche trouvé aucun impact sur le risque de prématurité. Seul effet observé, une grossesse légèrement plus longue (de l’ordre de quelques heures) chez les femmes consommant beaucoup de café, indépendamment de la caféine. Un résultat qui suggère l’effet d’autres composants du café sur la grossesse, mais sans conséquences majeures sur la santé de l’enfant.

S’il n’est pas conseillé au fœtus, le café pourrait en revanche avoir quelques bénéfices chez l’adulte. A l’encontre de l’idée générale, il serait lié à un moindre risque de mortalité, notamment cardiovasculaire, a montré une grande étude américaine publiée en 2012. Là aussi, l’effet n’est observé qu’après prise en compte du tabagisme; et la caféine n’y est pour rien, le même effet étant relevé avec le café décaféiné (voir le JDLE).



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