Les bassins d'eau en très mauvais état

Le 07 juin 2005 par Claire Avignon
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D'après un rapport du Muséum national d'histoire naturelle, dans l'hypothèse la plus optimiste (1), seule la moitié des masses d'eau pourront atteindre le bon état écologique en 2015, contre un quart seulement dans l'hypothèse la plus pessimiste.

La France semble donc loin de l'objectif européen donné dans la directive cadre sur l'eau (DCE) du 22 décembre 2000 qui vise au bon état écologique et chimique de l'eau dès 2015. L'étude réalisée entre mai 2004 et mai 2005 montre que c'est le bassin Rhin Meuse qui devrait avoir le plus de difficulté à atteindre l'objectif de la DCE. En effet, 45% de ses masses d'eau sont considérés comme à risque, c'est-à-dire qu'elles ne devraient pas atteindre un bon état avant les années 2020, devant l'Artois Picardie (38%), la Loire Bretagne (35%), la Seine Normandie (20%), l'Adour Garonne (18%) et Rhône Méditerranée Corse (10%). Les principales causes de pollution sont les nitrates, les pesticides et les polluants organiques. Au total, 50 à 75% des eaux françaises sont aujourd'hui fortement dégradés.

Concernant les eaux souterraines, polluées là aussi par les nitrates et les pesticides, le bassin Artois Picardie atteint 100% des eaux à risque alors qu'une partie continue à être utilisée comme eau potable. Excepté Rhône Méditerranée Corse (11%) et Adour Garonne (32%), les autres bassins obtiennent aussi de mauvais résultats, avec 82% d'eaux à risque pour Seine Normandie, 69% pour Rhin Meuse, 51% pour la Loire Bretagne. Jean-Claude Lefeuvre, principal auteur du rapport et président du comité scientifique de WWF France, présente son bilan comme incomplet étant donné que de nombreux polluants n'ont pas été pris en compte, à commencer par les «substances nouvellement commercialisées» et «des substances anciennes dont la dangerosité pour l'environnement aquatique a été sous-estimée». Il s'agit des perturbateurs endocriniens, des substances cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR) etc. pour lesquels Jean-Claude Lefeuvre demande le développement des connaissances ainsi qu'un suivi rigoureux.



(1) L'hypothèse la plus optimiste correspond au cas où toutes les masses d'eau actuellement en “doute” seraient classées dans la catégorie de “bon état probable en 2015”.




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