Les bactéries du sous-sol, stock de carbone méconnu

Le 24 septembre 2018 par Romain Loury
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Les bactéries, microfaune des profondeurs terrestres
Les bactéries, microfaune des profondeurs terrestres
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Si les profondeurs terrestres regorgent de bactéries, la taille de cet important stock de carbone demeure un mystère. Dans une étude publiée lundi 24 septembre dans Nature Geoscience, des chercheurs le revoient à la baisse: les entrailles terrestres compteraient jusqu’à 10 fois moins de bactéries qu’on ne le pensait.

Brique essentielle du vivant, le carbone terrestre n’est pas stocké qu’à la surface terrestre: une grande part repose dans les profondeurs, sous forme de micro-organismes, au premier rang desquels les bactéries. Or on sait très peu de choses sur ce compartiment organique, pourtant crucial dans le cycle du carbone.

Plusieurs tentatives d’estimation ont été menées, que ce soit à partir d’échantillons de sédiments marins ou de roches terrestres. La question est d’autant plus délicate à trancher que la présence de bactéries peut fortement varier selon les conditions climatiques, la nature géologique du terrain et le gradient géothermique –évolution de la température en fonction de la profondeur, qui diffère d’un lieu à l’autre.

Entre 23 et 31 gigatonnes de carbone

Reprenant près de 3.800 mesures effectuées en divers points du globe, l’équipe de Tullis Onstott, géophysicien à l’université de Princeton, aboutit à une nouvelle estimation, qui s’avère plus basse que celles obtenues à ce jour. Selon les chercheurs, le sous-sol terrestre compterait entre 2 et 6 X 1029 bactéries -entre 20.000 et 60.000 milliards de milliards de milliards.

Pour rappel, les émissions mondiales de CO2 se sont élevées à 41 milliards de tonnes de dioxyde de carbone en 2017, soit 11,8 milliards de tonnes de carbone: la biomasse bactérienne équivaut donc à deux années des émissions humaines annuelles.

Selon leurs calculs, cette faune microbienne contiendrait donc entre 23 et 31 milliards de tonnes (gigatonnes) de carbone, soit entre 4 et 10 fois moins que les estimations réalisées à ce jour.

Pour les chercheurs, il reste à mieux comprendre le cycle de ce carbone organique sous-terrain, et comment il s’intègre dans le cycle mondial du carbone. Au-delà de l’intérêt géochimique et écologique de ces connaissances, elles pourraient permettre de mieux évaluer la probabilité d’une vie sur d’autres planètes rocheuses, dont Mars.



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