Les avocats au secours de la Grande barrière de corail

Le 09 mars 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Au nord, la Grande barrière a déjà perdu les deux tiers de ses coraux.
Au nord, la Grande barrière a déjà perdu les deux tiers de ses coraux.
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Deux juristes tentent de faire condamner par l’Unesco la politique énergétique australienne.

 

Depuis la condamnation, en 2015, du gouvernement néerlandais pour l’insuffisance de sa politique climatique, les juristes de l’environnement se sentent pousser des ailes.

Pas d’impact climatique

Mercredi 8 mars, les avocats mandatés par Earthlife Africa ont fait arrêter par la justice sud-africaine la construction de la centrale au charbon de Thabametsi (630 mégawatts électriques). Se rangeant à l’avis de l’ONG, les magistrats ont constaté que l’étude d’impact produite par le gouvernement était incomplète, omettant par exemple les émissions de CO2. Porté par la maison de commerce japonaise Marubeni, ce projet n’est pas annulé. Il sera simplement stoppé, le temps que le ministère de l’environnement sud-africain produise une véritable étude d’impact.

Convention du patrimoine mondial

Deux juristes australiens souhaitent aller plus loin encore. En visite à Paris, les avocates Noni Austin et Ariane Wilkinson espèrent convaincre le comité du patrimoine mondial de l’importance d’intégrer les conséquences des changements climatiques dans la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial.

Acidification et réchauffement

Leur argumentaire est simple: la Grande barrière de corail se meurt du fait du réchauffement et de l’acidification des eaux de surface. «Deux phénomènes entièrement imputables aux activités humaines», souligne leur conseiller scientifique David Karol. Et le professeur des sciences atmosphériques à l’université de Melbourne d’enfoncer le clou: «Atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris ne suffira pas. Si nous ne tentons pas de stabiliser le réchauffement à 1,5°C, les récifs coralliens seront fortement endommagés.»

Australie est responsable

Non contente d’être l’un des plus gros émetteurs de CO2 de la planète, l’Australie est aussi l’un des premiers producteurs mondiaux de charbon. Dit autrement, par sa politique énergétique, Camberra contribue directement et indirectement à la destruction de la Grande barrière de corail, un site unique de 340.000 kilomètres carrés, protégé au titre de la convention de l’Unesco.

«Or, rappelle Noni Austin, c’est au pays-hôte des sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial de les protéger effectivement.» L’Australie doit donc cesser de consommer et de produire du charbon (et du gaz naturel) pour enrayer l’épidémie de blanchiment qui frappe ses coraux.

Faire pression

Bien sûr, Noni Austin et Ariane Wilkinson ne pensent pas que leur gouvernement change radicalement de bouquet énergétique. Elles espèrent toutefois que lors de sa prochaine réunion, le comité onusien fasse pression sur l’Australie pour qu’elle renforce la protection de sa merveille subaquatique. Une affaire qui est loin d’être gagnée.

Censure à tous les étages

Au printemps 2016, le gouvernement australien avait obligé l’Unesco à retirer du rapport Patrimoine mondial et tourisme le chapitre consacré à la Grande barrière. Un an plus tôt, Camberra avait imposé à l’Unesco de ne pas classer le plus grand récif corallien de la planète dans les sites menacés du patrimoine mondial. Dans le nord du récif, les deux tiers des coraux ont déjà succombé aux conséquences des émissions de CO2.

 



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