Les avancées du PPRT de Feyzin

Le 26 septembre 2005 par Christine Sévillano
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La raffinerie de Total à Feyzin (Rhône) a revu toutes ses études de danger dans le cadre de l'expérimentation sur la mise en place du plan de prévention des risques technologiques (PPRT). Un travail qui a permis aux autorités de tester une première carte des risques.

Les acteurs qui doivent mettre en place les plans de prévention des risques technologiques (PPRT), dont les modalités ont été définies par le décret du 7 septembre 2005, vont bénéficier des retours d'expérience de 8 sites pilotes choisis en 2003 par les autorités afin de tester le dispositif: ainsi, l'importante raffinerie du groupe Total, basée à Feyzin près de Lyon (Rhône). La direction du site a déjà réalisé une partie significative de sa tâche: la révision des études de dangers sur lesquelles les autorités vont s'appuyer pour établir le PPRT. Commencée en septembre 2003, la première étape a consisté pour Total à sélectionner, avec la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) et les riverains, un nombre d'unités sur lesquelles tenter l'expérience. Quatre unités sur les 16 du site ont été retenues pour l'hétérogénéité et la gravité des risques qu'elles présentaient: l'unité de Fluid Catalytic Cracking (FCC), le vapocraqueur qui fabrique de l'éthylène et du propylène, l'installation d'hydrodésulfurisation (HDS) et les parcs de stockage des hydrocarbures et du GPL.

La direction a dû intégrer les nouveautés de la loi Bachelot en matière d'étude de dangers concernant les installations choisies, avant même la sortie du décret du 13 septembre 2005 qui les institue formellement. En premier lieu, elle a ajouté les analyses sur la probabilité. «Pour établir les probabilités, il nous a fallu refaire un inventaire exhaustif de tous les dangers et des scénarii d'accident possibles, une fuite d'hydrocarbure par exemple pouvant engendrer un feu, une explosion ou un nuage toxique», explique Philippe Guichard directeur environnement, sécurité et qualité chez Total à Feyzin. Ces données ont permis de créer une matrice de gravité et d'identifier les zones de risques acceptables, pour lesquels Total sait gérer les conséquences d'un éventuel incident, les zones de risques non acceptables et les zones de risques intermédiaires, pour lesquels l'entreprise a décidé de réaliser de nouvelles études afin d'en diminuer les risques.

La direction de Total-Feyzin a également dû travailler sur la cinétique, c'est-à-dire la vitesse à laquelle peut se produire un incident, afin d'envisager, par exemple, les délais d'évacuation. Autre travail d'analyse: l'inventaire et la fiabilité des barrières de protection placées sur l'installation. «Il faut distinguer la prévention de la protection. Les mesures préventives d'amélioration de la sécurité doivent être privilégiées, telles que l'ajout de détecteurs, le renforcement des piquages, ou bien encore la mise en place d'automatismes. Les moyens de protection concernent davantage des moyens comme l'arrosage ou l'édification d'un mur de protection», poursuit Philippe Guichard. A l'issue de ces analyses, Total n'a pas découvert de nouveaux risques ou scénarii. Ce travail a toutefois permis au site de se concentrer sur de nouvelles solutions techniques et technologiques en matière de prévention.

Alors que le PPRT n'a pas été encore été formellement établi, puisque les textes réglementaires viennent juste de sortir, nécessitant quelques réajustements, la Drire a déjà demandé à Total de revoir sa copie sur 1 ou 2 risques, tout en lui demandant des études complémentaires sur certains points. Les autorités administatives ont utilisé ces études de dangers comme base pour caractériser l'aléa grâce à un outil informatique. Elles disposent d'une carte faisant apparaître une graduation des zones selon le degré de risque autour de la raffinerie. «Ces résultats nécessiteront une actualisation en fonction des critères d'analyses retenus dans la réglementation», explique Jean-François Bossuat, chef du groupe de la subdivision de la Drire pour le Rhône. Cependant la prochaine étape a déjà été arrêtée pour novembre avec la première réunion du Comité local d'information et de concertation (Clic) en présence des élus, au cours de laquelle seront transmis les résultats.

Après concertation avec les élus et les industriels, des décisions seront arrêtées par la commission du PPRT qui sera bientôt créée et des expropriations pourront être décrétées. «Nous essaierons toutefois de trouver des équilibres en privilégiant la réduction du risque à la source, l'expropriation ne devant être envisagée que lorsque aucune autre solution n'est possible», poursuit Jean-François Bossuat. Le PPRT sera financé par les industriels, les collectivités locales et l'Etat. Pour la compensation due aux expropriations et aux délaissements, ils devront participer, à hauteur de 2 à 4 milliards d'euros sur 20 ans, selon une fourchette estimée par le ministère chargé de l'environnement. Le plus difficile est donc à venir.




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