Les associations souhaitent la fin définitive du DEHP

Le 25 novembre 2014 par Romain Loury
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Le DEHP, sursis ou fin de parcours?
Le DEHP, sursis ou fin de parcours?
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Le phtalate DEHP sera-t-il enfin interdit en Europe? Telle est la demande de 55 associations, dans une lettre ouverte adressée mardi 25 novembre à la Commission européenne.

 

Déjà interdit dans les jouets, les articles de puériculture et les médicaments, le DEHP, perturbateur endocrinien comme les autres phtalates, devrait être interdit à compter du 21 février 2015, selon le règlement REACH. Sauf autorisation spécifique accordée par la Commission européenne à des entreprises en ayant fait la demande expresse pour des utilisations précises.

C’est là tout l’enjeu de la lettre signée par 55 associations, dont Greenpeace, HEAL, le Réseau environnement santé, France nature environnement, Pesticide Action Network et WECF. Car en prévision de l’interdiction, six entreprises européennes de PVC ont déposé de telles demandes d’autorisation [1]. Avec succès pour l’instant du côté de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), qui a transmis fin octobre des avis positifs à la Commission.

La balle est désormais dans le camp du comité de REACH, qui discutera du sujet le 2 décembre. La décision finale de la Commission est attendue pour fin janvier.  Or «les défenseurs de la santé environnementale s’opposent fermement à ces autorisations en raison de la toxicité avérée du DEHP et des risques importants pour la santé humaine sur le long terme», expliquent les associations.

«Le DEHP est largement utilisé dans les produits du quotidien (généralement associé à d'autres phtalates) dans une très large gamme d'articles en PVC (textiles, meubles, chaussures, matériaux de construction, etc.), ainsi que dans les produits professionnels en PVC (lino, peintures, vêtements de travail, bottes, etc.). Par conséquent, les citoyens et l'environnement y sont exposés quotidiennement via de multiples sources», poursuivent-elles.

Des «substituts sûrs»

Mettant en cause l’avis de deux comités de l’ECHA, à savoir le comité d’évaluation des risques (RAC) et le comité socio-économique (SEAC), les associations estiment que «le principe de substitution n'a pas suffisamment pesé lors des délibérations». «Nous mettons donc en doute l'engagement de l'agence publique de l'UE à en faire un axe prioritaire», ajoutent-elles.

D’autant que des substituts sûrs existent. Tous ne le sont pas, loin de là: dernier exemple en date, le DiNP s’est récemment avéré réduire la distance anogénitale chez les garçons lors d’une étude suédoise, venant ainsi confirmer que ce phtalate n’était pas moins perturbateur endocrinien que son prédécesseur.

L’interdiction des phtalates n’est pas chose aisée au niveau européen. Le Danemark en a récemment fait l’amère expérience : après avoir annoncé en août 2012 l’interdiction de 4 d’entre eux (DEHP, DIBP, DBP et BBP), le pays a dû renoncer à son projet cet été, sous pression de la Commission européenne. Motif invoqué: une telle démarche serait contraire aux principes de l’UE. Des principes que la Commission aura bientôt l’occasion de clarifier.

[1] Il s’agit de trois producteurs de PVC –Arkema (France), ZAK (Pologne), Deza (République tchèque)- et de trois recycleurs –Vinyloop Ferrara (Italie), Stena Recycling (Suède), Plastic Planet (Italie). L’ECHA recommande une révision de l’autorisation tous les 4 ans pour les produits en PVC bruts, tous les 12 ans pour les produits recyclés.



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