Les associations santé-environnement privées de conférence environnementale?

Le 12 septembre 2013 par Marine Jobert
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Le logo de la conférence environnementale de 2012.
Le logo de la conférence environnementale de 2012.

Est-ce une maladresse ou le fruit d’une décision délibérée? Le ministère de l’écologie a désigné les 8 associations qui siègeront lors de la Conférence environnementale. Sauf que celles qui portent les questions de santé-environnement ne font pas partie du lot. Et elles ne sont pas contentes.

A 8 jours de la conférence environnementale, la scène fait désordre… plusieurs associations spécialisées dans les problématiques de santé-environnement viennent de découvrir qu’elles ne sont pas conviées au rendez-vous des 20 et 21 septembre. L’arrêté du 6 septembre qui dresse la liste des 50 instances invitées à siéger au conseil nationale de la transition écologique (CNTE) ne comprend pas, pour le collège associatif, le nom du réseau Santé-Environnement (perturbateurs endocriniens), de Générations futures (pesticides), de Robin des toits (ondes électromagnétiques), de Respire (pollution de l’air) ou encore d’Ecologie sans frontière. Autant d’associations rassemblées sous la bannière du Rassemblement pour la planète, qui ne siègera donc pas aux côtés des autres associations. Les heureux élus sont France Nature Environnement, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), le WWF, la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme, Les Amis de la terre France, le réseau Action-climat, Humanité et Biodiversité et -nouvel arrivé- Surfrider Foundation Europe. Un choix qui peut s’expliquer par les thématiques abordées, puisque lors des 5 tables rondes organisées cette année, 2 sont particulièrement consacrées à la biodiversité marine et à la gouvernance internationale des mers.

 

Domination de FNE?

Reste que ces associations ne comprennent pas que «le gouvernement décide d’exclure les organisations environnementales lanceuses d’alerte sans aucune explication et sans même les prévenir», dans un contexte pourtant très riche avec leur thématique de prédilection (stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens, plan Cancer), et alors même que l’enjeu de l’eau fera l’objet d’une table ronde. Elles regrettent la «domination» de FNE qui, en plus de son propre siège, s’assiéra aux côtés de 3 autres entités affiliées à l’entité fédérative qu’est FNE, à savoir Surfrider Foundation Europe, la LPO et H&M.

 

Une juste place

Benoît Hartmann, le porte-parole de FNE, dit au Journal de l’environnement «regretter ce cafouillage, ces associations étant légitimes à siéger pour la défense des questions Santé-environnement. Au passage, il fait remarquer que les trois associations affiliées à FNE qui siègeront «sont totalement indépendantes dans leurs prises de parole. […] On ne peut pas dire que l’on accapare les places, d’autant que nous n’y sommes pour rien dans la façon dont l’Etat fait ses courses parmi les associations». Il demande que l’Etat leur fasse «une juste place».

 

Un siège tournant?

Au ministère de l’écologie, où règne un vent de panique après cet impair de taille, on pourrait tenter de rattraper les choses en proposant que le collège associatif -tout en conservant le quota de 8 entités par collège, pour ne pas déséquilibrer les 5 autres collèges[1]- bénéficie d’un siège «tournant», au gré des thématiques. Pour cela, il faudrait que l’administration prenne un décret rectificatif…

 

…ou un siège supplémentaire?

Benoît Hartmann profite de ce couac ministériel pour faire remarquer que, pour la seule instance où l’on débatte des questions environnementales, accorder un siège supplémentaire, plein et entier, à une association environnementale ne lui semblerait pas de trop. «A la Conférence sociale, 80% des participants sont des acteurs sociaux. A la Conférence environnementale, les écologistes sont minoritaires, alors que nous sommes les seuls à ne poursuivre aucun intérêt partisan ou privé.» En filigrane, se pose la question de la hiérarchisation des priorités environnementales au ministère de l’écologie, où l’exclusion des défenseurs de la santé-environnement est passée sans encombre. «C’est un dossier que voudrait récupérer le ministre de la santé», note un observateur, qui pointe l’approche purement curative du ministère de Marisol Touraine, quand les maladies environnementales sont essentiellement affaire de prévention.

 

Le climat écolo se tend
Sur le front climatique, un autre mini-séisme politique est en préparation, puisque les associations se concertent actuellement pour décider si elles participeront, ou non, à la Conférence environnementale, puisqu’elle ne pipera mot de la crise climatique… Le mot d’ordre définitif sera probablement lancé vendredi 13 septembre, à l’issue d’une rencontre entre les ONG et le président de la République.

 

 



[1] Le CNTE est organisé en 6 collèges.

 



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