Les arrêts pour dépression, un marqueur de risque de suicide
Le 26 août 2010 par Sabine Casalonga
Les arrêts pour raisons psychiatriques (dépression, anxiété majeure…) seraient un marqueur du risque de suicide, selon les résultats d’une étude publiés le 23 août dans l’American Journal of Epidemiology.
L’équipe de Maria Melchior, chargée de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) s’est intéressée au devenir de 1.294 employés de Gaz de France et Electricité de France, soit 6,5 % de la cohorte Gazel (1), arrêtés pour raisons psychiatriques plus de 7 jours consécutifs, au moins une fois, entre le 1er janvier 1990 et le 31 décembre 1992. Ces arrêts recouvrent différentes maladies, principalement la dépression (59 %), mais aussi d’autres types de névrose, les troubles anxieux et psychosomatiques (36 %) et les problèmes dus à l’alcool (5 %)
Ces personnes ont une mortalité plus importante que celles qui n’ont pas eu d’arrêt maladie, avec 6 fois plus de suicides, 60 % de décès supplémentaires par « cancer du fumeur », et 80 % de décès supplémentaires par maladies cardiovasculaires. Une fois pris en compte les facteurs de risque de mort prématurée (âge, sexe, profession et catégorie sociale, consommation d’alcool et de tabac, etc.), seule l’association « arrêt pour raison psychiatrique » et « décès par suicide » est restée statistiquement significative avec un risque de suicide multiplié par 5.
« Nous ne pouvons conclure que l’arrêt de maladie pour raisons psychiatriques est la cause du décès par suicide, met en garde Maria Melchior, dans le communiqué de l’Inserm du 24 août. En revanche, ces données montrent que l’arrêt maladie peut être un marqueur important et fiable de l’état de santé des personnes ».
Les auteurs insistent sur l’intérêt de proposer aux personnes arrêtées fréquemment pour raisons psychiatriques un suivi de santé particulier, en vue d’évaluer le risque de suicide.
(1) La cohorte Gazel est constituée de plus de 20.000 employés de Gaz de France et Electricité de France, âgés de 35 à 50 ans, suivis de 1989 à 2005 par les équipes de l’Inserm.
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