Les armateurs fustigent Marpol 6

Le 23 janvier 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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A quelques jours de la tenue d’une réunion du Parlement européen pour durcir la directive Soufre, les Armateurs de France, dans un communiqué mis en ligne en fin de semaine passée, rappellent les conséquences pour le secteur d’une rapide entrée en vigueur d’une législation renforcée.
 
Adoptée par l’Organisation maritime internationale (OMI), en 2008, l’annexe 6 de la convention Marpol sur la pollution maritime impose des zones de contrôle des émissions de soufre (les Secas) en mer du Nord, Baltique et Manche, à partir du 1er janvier 2015.
 
Dans ces Secas (que l’Europe pourrait étendre à la Méditerranée et à l’Atlantique), les navires commerciaux auront l’obligation d’utiliser un combustible dont le taux de soufre ne devra pas être supérieur à 0,1%, contre 1% actuellement.
 
Ce qui oblige les compagnies maritimes à ne plus consommer que du gazole, seul combustible disponible respectant la nouvelle norme. Un combustible dont le prix, selon les fluctuations du marché, est 40 à 90% plus cher que celui du fioul.
 
D’autant que le gazole, faute de capacité de raffinage suffisante en France, est un carburant majoritairement importé de Russie et des Etats-Unis. En 2010, la France a importé 17 millions de tonnes de gazole. Et la consommation —tous usages confondus— ne cesse de progresser. En concourant à un accroissement des importations, les armateurs craignent aussi de faire flamber les prix.
 
D’autres solutions techniques sont imaginables. Mais leur généralisation ne sera pas possible avant le délai fixé par l’OMI. Il est ainsi envisageable d’installer sur les cheminées des bateaux un système de filtration des gaz d’échappement (les scrubbers). Mais, dans bien des cas, ces installations posent des problèmes de stabilité, les navires en service n’ayant pas été conçus pour supporter une masse importante dans leurs superstructures.
 
Autre possibilité: le remplacement des chaudières classiques par des moteurs fonctionnant au gaz naturel liquéfié. Fin mars 2011, Brittany Ferries a conclu un accord avec les chantiers navals STX pour la réalisation d’un ferry de 210 mètres de long propulsé par une chaudière multicombustibles, principalement alimenté au GNL. Mais là encore, il sera impossible de «gazéifier» l’ensemble des flottes concernées en trois ans.
 
Le fort renchérissement attendu des coûts du combustible inquiète les armateurs. Des lignes de cabotage ou certaines autoroutes de la mer pourraient se révéler moins compétitives que le transport par camion.
 


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