Les arbres poussent de plus en plus vite

Le 18 septembre 2014 par Romain Loury
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Quand les forêts s'emballent
Quand les forêts s'emballent
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En Europe centrale, les arbres croissent plus vite que par le passé, révèle une étude publiée dans Nature Communications. Liée au réchauffement climatique et à la hausse du taux de CO2, cette accélération n’est peut-être pas une bonne nouvelle pour nos forêts.

Au cours du XXe siècle, l’Europe s’est réchauffée d’environ 1°C, tandis que son taux de CO2 a augmenté de plus de 30%, passant de 295 parties par million (ppm) en 1900 à près de 400 ppm de nos jours. Même phénomène quant aux dépôts d’azote atmosphérique, qui sont passés de 2,5 à 9 kilogrammes par hectare par an sur la même période.

Dopée par la disponibilité grandissante de ces deux nutriments, la croissance des arbres ne cesse d’accélérer, particulièrement depuis les années 1960. C’est ce que révèle l’équipe de Thomas Rötzer, de l’université technique de Munich, selon une analyse menée sur des relevés historiques, dont les premiers remontent à 1872 pour l’Allemagne. D’après leurs calculs, l’épicéa commun (Picea abie) grandirait, en volume, 32% plus vite qu’en 1960, le hêtre (Fagus sylvatica) 77% plus vite!

Si les arbres tirent momentanément profit de la montée du CO2, d’autres espèces en pâtissent lourdement. Bien loin des forêts allemandes, les coraux s’avèrent de moins en moins aptes à la calcification, processus nécessaire à l’élaboration de leur squelette. Selon une étude publiée le 17 septembre dans la revue Geochimica et Cosmochimica Acta, la vitesse de calcification des coraux australiens a ainsi chuté de 40% entre 1975-76 et 2008-09, du fait de l’acidification des océans.

Concernant le volume de bois, les peuplements forestiers [1] à base d’épicéa croissent 10% plus vite qu’en 1960, ceux qui contiennent des hêtres 30% plus vite. «Les peuplements présentent un moindre taux de croissance que les arbres individuels du fait que les gros arbres ont besoin de plus d’espace, ainsi chaque peuplement aura moins d’arbres que par le passé», explique l’un des co-auteurs de l’étude, Hans Pretzsch.

Si cette évolution a de quoi réjouir l’industrie du bois, elle n’est pas forcément bonne pour l’écosystème. Les deux espèces étudiées constituant 30% des forêts d’Europe centrale, l’épicéa, en retard par rapport au hêtre, devrait rapidement perdre du terrain. D’autre part, cette accélération pourrait perturber les autres espèces forestières (plantes, animaux), dont le rythme est calqué sur celui des arbres.

[1] Un peuplement forestier est une population d’arbres caractérisée par une structure et une composition homogènes sur un espace déterminé.



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