Les arbovirus, sur les ailes du changement climatique

Le 19 mars 2018 par Romain Loury
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Le moustique tigre implanté dans 42 départements métropolitains
Le moustique tigre implanté dans 42 départements métropolitains
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Les arboviroses, au nombre desquelles le chikungunya, la dengue et la maladie à virus zika, pourraient bien s’implanter plus fermement sur le sol européen, du fait du réchauffement, prévient le Centre commun de recherche (CRC) de l’Union européenne dans un rapport publié le 9 mars.

Qu’ils soient véhiculés par des moustiques (chikungunya, fièvre jaune, zika) ou par des tiques (encéphalite à tiques), les arbovirus figurent parmi les premiers agents de maladies émergentes. A ce jour, seules quelques séries de cas de transmission autochtone (non liées à un voyage) sont survenues sur le sol européen.

Ce phénomène pourrait s’accroître, craignent les experts du CRC dans leur rapport, qui fait le point sur ces différentes maladies. Non seulement du fait du transport accru de marchandises et de personnes, qui explique que le moustique tigre soit «implanté et actif» dans 42 départements de France métropolitaine, mais aussi à cause du réchauffement, qui rend la vie plus douce à ces vecteurs.

132 cas autochtones de chikungunya

Les chercheurs du CRC livrent les chiffres, à l’échelle de l’Europe, du nombre de cas par maladie, transmise localement (à des personnes n’ayant pas voyagé dans des zones infestées): le chikungunya a ainsi fait 132 victimes en Europe (surtout en Italie et en France), contre 1.386 pour la dengue, principalement du fait d’une épidémie sur l’île portugaise de Madère en 2012-13, mais aussi de quelques cas dans le sud-est de la France.

L’encéphalite, arbovirose la plus courante

L’encéphalite à tiques arrive en tête, avec 8.051 personnes infectées sur le sol européen, principalement en Autriche, en République tchèque, en Allemagne, en Lituanie, en Pologne, en Slovaquie, et en Suède. Généralement circonscrite à l’Europe centrale, cette maladie a connu son premier cas autochtone aux Pays-Bas en 2016, signe d’une possible progression vers l’ouest.

Pas de cas autochtone de zika

A ce jour, le zika n’a pas fait l’objet de transmissions autochtones en Europe continentale. Cette maladie, généralement non mortelle chez l’adulte (comme le chikungunya et la dengue), entraîne en en revanche une microcéphalie chez le nouveau-né exposé in utero.

Cette maladie, qui aurait touché jusqu’à 1,3 million de Brésiliens en 2015, a auparavant sévi en Polynésie française en 2013-14 (29.000 personnes, soit 11% de la population), avant d’entraîner une épidémie dans les Antilles françaises en 2016 (environ 70.000 cas «cliniquement évocateurs»).



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