Les anti-ours menacent (encore) de tirer les plantigrades pyrénéens

Le 26 juin 2013 par Marine Jobert
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Les ours pyrénéens, menacés par des éleveurs?
Les ours pyrénéens, menacés par des éleveurs?
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Alors que Viviane, l’ourse du Tibet échappée de la réserve animalière de Sigean, visite toujours l’arrière-pays narbonnais, la tension est montée encore d’un cran ce week-end chez les opposants à la réintroduction des plantigrades dans les Pyrénées. C’est rien de moins qu’un ultimatum que les éleveurs du Pays Toy (Hautes-Pyrénées) ont lancé à l’Etat le week-end dernier. «Le préfet dispose de 48 heures pour retirer l’ours. Passé ce délai, tout sera mis en œuvre pour l’abattre», rapporte un blog anti-ours. La formulation est comminatoire et l’argumentaire des plus étonnants. Alors que des crues ravagent les Hautes-Pyrénées, des éleveurs rassemblés au sein de l’Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées (Addip) estiment dans un communiqué qu’«en l’absence d’humains sur les estives, occupés à sauver des biens et des personnes, [l’ours] en profite pour croquer en libre-service les troupeaux qui sont laissés en liberté». Le porte-parole de l’Addip, Bruno Besche-Commenge, fustige au passage la loi sur l’eau et la directive Habitats, «qui imposent de ne pas toucher et surtout renforcer les berges (nous voyons le résultat) tout en maintenant les rivières sorties de leur lit en l’état, c’est-à-dire parfois au milieu d’une exploitation, à la porte d’une grange ou d’une maison, dans une prairie de fauche, etc.».

 

Menacer publiquement de tuer une espèce protégée, l’Addip l’a déjà fait, se souvient Pierre Athanaze, le président de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas). «Il y a quelques années, ils avaient dit qu’ils mettraient des morceaux de verre dans des pots de miel, par exemple.» Les associations Ferus et Pays de l’Ours-Adet qualifient d’«obscène l’instrumentalisation de la catastrophe climatique touchant les Pyrénées centrales par quelques opposants à l’ours sans scrupule. Mettre au même niveau le traumatisme profond et durable de vallées entières et une dizaine de brebis victimes d’un ours ce printemps est indécent». Sous le titre ironique «l’ours, responsable des inondations en montagne», le journaliste Philippe Serpault rappelle au passage que les éleveurs, qui se targuent de l’appellation d’origine protégée Barèges-Gavarnie décernée à leur Pays Toy, omettent de préciser que «cette appellation proscrit la présence humaine auprès du troupeau au motif que cela créerait un stress pour les bêtes, lesquelles doivent être précisément laissées en liberté. Les intempéries n’auront donc rien changé de ce côté-là», conclut-il.

           

Pour l’heure, la menace d’exécuter les ours pyrénéens semble ne pas avoir été suivie d’effet.



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