Les antalgiques à haute dose inhibent la production de testostérone

Le 05 juin 2013 par Marine Jobert
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Les antalgiques en préventif chez les sportifs entraîneraient une baisse de la production de testostérone.
Les antalgiques en préventif chez les sportifs entraîneraient une baisse de la production de testostérone.
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Sportifs de haut niveau, levez le pied sur le paracétamol, l’aspirine et l’indométacine[1]. C’est le message de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), après la publication dans la revue Human Reproduction d’une étude sur des explants testiculaires d’hommes adultes exposés à différentes doses d’antalgiques pendant au moins 24 heures. Les chercheurs ont alors mis en évidence une inhibition de la production de testostérone. «Dans certaines circonstances, les antalgiques les plus utilisés pourraient bien agir comme des perturbateurs endocriniens, au même titre que le bisphénol ou les phtalates tant décriés», écrit Bernard Jégou, directeur de l’Institut de recherche, santé, environnement et travail (Irset) à Rennes et responsable du programme de recherche. Un constat qui amène l’Inserm à mettre en garde les «gros consommateurs» d’antalgiques.

 

C’est une collecte de données épidémiologiques menée par une équipe de l’Inserm qui a mis la puce à l’oreille des chercheurs: quantité d’études suggéraient l’existence d’un lien entre la prise d’antalgiques pendant la grossesse et la cryptorchidie chez le fœtus (absence de descente d’un ou deux testicules dans le scrotum). Une confirmation du phénomène a été observée avec 4 études de cohorte indépendantes menées sur des rats, qui ont montré une baisse de la production de testostérone, ou encore une féminisation des rats nouveau-nés masculins.

 

Afin d’approfondir les études sur ces médicaments parmi les plus utilisés dans le monde -«la conduite de ces travaux est donc un enjeu de santé publique», insiste Bernard Jégou- l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) a financé[2] des recherches chez l’humain, du stade fœtal au stade adulte. «A des concentrations équivalentes à celles retrouvées dans le plasma en cas de prise de ces molécules, chacune d’elles perturbe la production d’hormones stéroïdiennes et d’autres facteurs nécessaires à la masculinisation et la fertilité», explique le chercheur. En pratique, cela se manifeste par une baisse de production de la testostérone mais également des prostaglandines ou encore de l’insulin-like factor 3 (facteur impliqué dans la descente des testicules), précise l’Inserm.

 

Pour l’heure, Bernard Jégou concentre son message sur «certains athlètes de haut niveau qui en usent et en abusent, notamment à des fins préventives. Outre les risques potentiels sur la fertilité ou sur la santé en général, ces produits qui provoquent une baisse de production de testostérone pourraient donc être contre-productifs en termes de performance», explique-t-il. En attendant de s'adresser aux femmes enceintes?



[1] un anti-inflammatoire non stéroïdien

[2] en collaboration avec l’Inserm, EHESP (Ecole des hautes études en santé publique), le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, la région Bretagne

 



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