«Les années Nelly», vues par les associations

Le 04 mai 2007 par Bérangère Lepetit
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nelly
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Nom: Olin. Prénom: Nelly. Fonction: ministre de l'environnement. Alors que Nelly Olin pourrait bientôt quitter son bureau de l'avenue de Ségur, retour sur deux années environnementales chargées. Le JDLE a recueilli l'avis des associations.


«Nelly Olin? l'annonce nous a d'abord surpris… qu'est ce qu'elle venait faire là?» Arnaud Gossement, le porte-parole de France Nature environnement (FNE) se remémore ce mois de juin 2005 où le ministère de l'environnement changea de locataire pour la énième fois. Arrivé le 30 avril 2004, le maire de Bourges Serge Lepeltier n'est resté que 13 mois dans ses fonctions. «Avant Serge Lepeltier, il y avait eu Roselyne Bachelot. Et là, on peut dire que les relations entre le ministère et les associations n'avaient jamais été aussi exécrables. On s'attendait donc à nouveau au pire…», poursuit-t-il.

En juin 2005, Nelly Olin entre donc en scène. L'ex-sénatrice du Val d'Oise, ex-maire de Gorge-les-Gonesse et ex-ministre déléguée à la lutte contre la précarité et l'exclusion est d'abord considérée d'un mauvais oeil par les associations. «On ne peut pas dire qu'elle était très connue des milieux écolos et quelques doutes pesaient sur ses compétences en matière d'environnement», s'amuse Arnaud Gossement. «Oui, on peut dire qu'elle partait avec un petit handicap», renchérit Anne Bringault, présidente des Amis de la terre.

Et pourtant. Cette «inconnue, sans grande compétence mais bûcheuse», comme la définit le journaliste Marc Ambroise-Rendu dans son dernier ouvrage (1), ne tarde pas à surprendre. «Elle s'est battue», note-t-on à FNE. «Elle a fait de gros efforts», confirment les Amis de la terre. On salue son obstination à préserver le budget, même modeste, du ministère, l'achèvement des zones Natura 2000, ou encore sa «ténacité» dans l'affaire des ours des Pyrénées où «elle a soutenu les associations». Au niveau législatif, on loue sa persévérance à appliquer les directives européennes, seulement quelques mois après son arrivée avenue de Ségur. Réseau action climat (RAC) se rappelle aussi sa souplesse, fin 2006, lorsqu'elle retire le premier plan national d'allocation des quotas (Pnaq) pour en proposer un autre plus contraignant et ce, malgré la «forte pression des industriels».

Et puis il y a les anecdotes, les petits moments qui ont réjoui certains, qui en ont fait sourire d'autres, mais qui ne tomberont sûrement pas aux oubliettes. En 2006, lorsqu'elle «tient bon face à François Loos (2) dans l'affaire Cambior», cet industriel canadien qui veut creuser une mine d'or dans une zone préservée au nord de la Guyane. Ou encore début octobre 2006 lorsqu'elle boycotte le Mondial de l'auto et qu'elle a «le courage de dire que les biocarburants ne sont pas forcément l'avenir, alors même que Thierry Breton venait d'inaugurer le salon en grandes pompes». Bien sûr, il y aussi quelques bémols. «Les moments où elle s'est attachée de manière un peu trop forte à certains sujets» comme l'affaire des ours, thème jugé «plutôt contournable» par les Amis de la terre, ou ces «mesures gadgets» dont on doute qu'elles aient eu une réelle efficacité. C'est le cas, par exemple, des Diagnostics de performance énergétique (DPE), obligatoires depuis novembre 2006 qui en laissent songeurs plus d'un, ou des Livrets de développement durable qui offrent des crédits d'impôts et des prêts à taux préférentiels aux particuliers désireux d'isoler leur logement ou d'investir dans des systèmes de production d'énergies renouvelables. «Les banques joueront-elles le jeu? C'est une toute autre question», s'interroge Anne Bringault.

Mais tout bien pesé, on le reconnaît parfois à demi-mots, parfois ouvertement, on l'aime bien, Nelly Olin. C'est qu'elle «a toujours fait preuve d'une grande gentillesse avec les associations», elle a été «très disponible», toujours partante pour un rendez-vous, toujours «sincère dans ses démarches», souvent «à l'écoute». La regretterait-on déjà? Peut-être. Sauf Stéphane Lhomme, du réseau Sortir du nucléaire, qui fustige sévèrement «cette ministre pro-nucléaire qu'on oubliera sans peine». Bref, «ce n'est pas non plus glorieux, mais elle a fait ce qu'elle a pu avec les moyens qu'elle a eus», conclut Arnaud Gossemand. Satisfaites, les associations? Non, bien sûr. Le problème est ailleurs, il est structurel. Il vient «d'un petit ministère qui se délabre au budget inexistant», «d'une situation catastrophique quant aux moyens humains», de «fonctionnaires incompétents formés au ministère de l'industrie», de «sujets qu'on ignore ou dont on ne parle jamais». Oui, le problème est ailleurs. Mais Nelly…

(1) Des cancres à l'Elysée, Marc Ambroise-Rendu, éditions Jacob-Duvernet, 2007




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