Les animaux au cœur de la campagne

Le 22 novembre 2016 par Marine Jobert
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Animaux d'élevage, de compagnie, de laboratoire, de cirque ou sauvage.
Animaux d'élevage, de compagnie, de laboratoire, de cirque ou sauvage.
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26 ONG publient un manifeste pour porter la question animale au cœur de la campagne électorale. Car les élus de demain pourront améliorer -ou non- la vie (et la mort) des milliards d’animaux qui nous entourent, de près ou de loin.

Quelques jours après le lancement du Parti animaliste, 26 ONG[1] ont dévoilé ce 22 novembre un manifeste «pour imposer la question animale au cœur des préoccupations des politiques français». Décliné en 30 propositions «concrètes, réalistes et immédiatement applicables», il sera envoyé à chaque candidat à l’élection présidentielle et aux élections législatives. Car les élus ont barre sur la façon dont sont traités les animaux et, de leur engagement, dépend le sort «de plusieurs milliards d’animaux utilisés pour leur chair, leur peau, leur pelage, leur plumage, pour l’expérimentation scientifique, l’enseignement, le divertissement, ou encore leur compagnie». Les 26 ONG souhaitent que «la tradition humaniste de notre pays [s’étende] au respect de la vie animale».

De l’abattoir au salon

Les 30 propositions se déclinent en 6 thématiques, qui vont de l’animal d’élevage destiné à la consommation à celui utilisé dans les expérimentations, en passant par les animaux employés dans les cirques ou exhibés dans les zoos, ceux que l’on tire ou déterre lors des battues, ou les animaux de compagnie.

Rayon élevage, pas question de plaider le végétarisme ou le végétalisme: il s’agit de mettre fin aux pratiques «douloureuses» (castration à vif, écornage, gavage), de limiter la durée des transports d’animaux vivants, de cesser leur exportation hors de l’Union européenne ou d’interdire les cages au profit du plein-air, «plus compatible avec les besoins des animaux». Après les vidéos montrant les pratiques violentes dans les abattoirs, dévoilées par l’association L214, la nécessité de l’étourdissement des animaux avant leur mise à mort -obligatoire depuis les années 1960- est réaffirmée.

Fermer les zoos

C’est à la fermeture des zoos, des delphinariums et des cirques utilisant des animaux que tend le collectif. «Même si c’est sûrement mieux de voir des animaux ‘en vrai’ que dans un reportage, nous contestons l’intérêt pédagogique des zoos, précise Julie André, de Code Animal. Les animaux sont enfermés et développent des comportements très éloignés de leur répertoire habituel.» Le «zoo du futur» serait un espace de sauvegarde des espèces, dont le public serait tenu à distance et sans visée commerciale. L’abolition de la corrida et des combats de coq est aussi demandée.

Etre vivant doué de sensibilité

La question des animaux de compagnie est également abordée, notamment via «une véritable campagne de stérilisation et d’identification des animaux domestiques», portée par des incitations fiscales et des campagnes d’information, l’interdiction de la cession d’animaux pour les particuliers sur les sites marchands, des annonces gratuites et les réseaux sociaux. Par ailleurs, les associations demandent que soit reconnu à l’animal sauvage le statut «d’être vivant doué de sensibilité».

Proscrire la chasse

Sans l’écrire explicitement, l’interdiction de la chasse («pratique source de stress infligée aux animaux sauvages pour des buts autres que la protection ou la conservation») est également au programme. En matière d’expérimentation sur les animaux, les ONG voudraient que soit créée une autorité administrative indépendante dédiée au développement et à la promotion des «méthodes de remplacement», une terminologie employée en expérimentation animale pour désigner des pratiques qui n’impliquent pas le recours à des animaux, morts ou vifs.

Se dégager de la tutelle de l’agriculture

Côté institution, les ONG demandent qu’un organe autonome dédié aux animaux et indépendant du ministère de l’agriculture voie le jour, que les associations puissent se porter parties civiles pour toutes les infractions concernant les animaux et que les lanceurs d’alerte soient davantage protégés. Plus largement, les associations voudraient voir la notion de respect des animaux réinscrite dans les programmes scolaires.



[1] Alliance Anticorrida, Antidote Europe, Aspas (Association pour la protection des animaux sauvages), Association Stéphane Lamart, C’est assez!, CIWF France (Compassion In World Farming), CNSPA (Confédération nationale des SPA de France – Défense de l’Animal), Code Animal, CRAC Europe (Comité radicalement anti-corrida), FLAC (Fédération des luttes pour l'abolition des corridas), Fondation Assistance aux animaux, LFDA (La Fondation Droit Animal, éthique et sciences), Fondation Brigitte Bardot, Fondation 30 millions d’amis, FUDA, IFAW France (Fonds international pour la protection des animaux), L214, OABA (Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs), One Voice, PETA France (People for the Ethical Treatment of Animals), Pro Anima, Sea Shepherd, SNDA (Société nationale pour la défense des animaux), la SPA (la Société protectrice des animaux), 269 Life France, WELFARM.

 



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