Les amphibiens fragilisés par la disparition de leurs prédateurs

Le 24 février 2015 par Romain Loury
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Le têtard, au repas de la larve de libellule
Le têtard, au repas de la larve de libellule
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Pour la grenouille, la présence de prédateurs constituerait a priori une menace. Au contraire: ils renforcent la santé des populations. Ce qui pourrait en partie expliquer le déclin mondial des amphibiens avec celui des libellules, dont les larves se repaissent de têtards, selon une étude américaine publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).

«Au cours du XXème siècle, le monde a connu une augmentation mondiale sans précédent des maladies infectieuses, en parallèle avec un déclin et une homogénéisation de la biodiversité» entre diverses régions du monde, rappelle Jason Rohr, du département de biologie intégrative de l’université de San Francisco en Californie.

Les deux phénomènes sont clairement liés, estiment le chercheur et ses collègues, qui évoquent l’exemple des vers trématodes, responsables de maladies chez de nombreuses espèces, des amphibiens à l’homme. Chez ces derniers, on estime à environ 250 millions le nombre de personnes ayant besoin d’un traitement contre la bilharziose, en particulier dans les pays en développement.

Victime gagnante de la prédation intraguilde

Les amphibiens seraient aussi plus exposés aux trématodes, du fait de la raréfaction de leurs prédateurs, dont les libellules. Menée dans 18 zones humides du Minnesota, puis par modélisation mathématique, l’étude révèle que l’abondance et la diversité des larves de libellules, qui se nourrissent de têtards, améliore en effet la santé des populations de grenouilles. En cause, le fait qu’elles s’attaquent avant tout aux têtards infectés par les trématodes, affaiblis par ce parasitisme.

Appelé «prédation intraguilde», ce phénomène se caractérise par le fait que l’un des prédateurs, en l’occurrence la larve de libellule, dévore l’autre, le trématode, du fait qu’ils partagent une proie, le têtard. Si l’effet sur la population de grenouilles est certes moins marqué que ceux d’espèces ne s’attaquant qu’aux trématodes libres, l’étude démontre le rôle bénéfique de la prédation intraguilde sur une proie, hypothèse jusqu’alors controversée.

Selon les chercheurs, le phénomène serait même loin d’être anecdotique: son effet sur l’abondance de grenouilles est très supérieur à celui calculé pour la richesse du milieu en nutriments, la robustesse immunitaire des amphibiens et la richesse de l’écosystème quant à leur nombre d’espèces.



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