Les allergies respiratoires, grande cause nationale?

Le 02 mai 2017 par Marine Jobert
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L'asthme, 1ère maladie chronique chez les enfants.
L'asthme, 1ère maladie chronique chez les enfants.
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Un tiers des Français souffrent d’allergies, essentiellement respiratoires. Un fardeau sanitaire et économique que dénoncent des pneumologues dans un Livre blanc, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle que le nombre d’asthmatiques ne cesse de croître.

C’est la maladie chronique la plus courante chez l’enfant, vient de rappeler l’OMS à l’occasion de la journée mondiale de l’asthme, qui a lieu le 2 mai. Si les causes profondes de l’asthme -qui touche 235 millions de personnes dans le monde- ne sont pas encore toutes élucidées, il apparaît que les facteurs environnementaux jouent un rôle prépondérant, aux côtés d’une prédisposition génétique, dans le déclenchement de ces réactions allergiques ou d’irritation qui entrainent des difficultés respiratoires. En cause: les allergènes à l’intérieur des habitations (comme les acariens dans la literie, les tapis et les meubles rembourrés, les polluants et les squames des animaux de compagnie), les allergènes extérieurs (pollens et moisissures), la fumée du tabac, les produits chimiques irritants sur le lieu du travail et la pollution de l’air.

Un tiers des Français allergiques

Dans ce contexte, la crème des pneumologues français vient de rédiger un Livre blanc pour réclamer un plan d’action contre les allergies respiratoires sévères. Car près de 30 % des Français (20 millions) sont allergiques (allergies respiratoires prédominantes, mais aussi alimentaires ou cutanées), contre 2 à 3% en 1970, selon l'association Asthme et Allergies. 6 millions de Français souffrent d’asthme et l’OMS estime que, d'ici 2050, la moitié de la population occidentale sera touchée. Le Livre blanc pointe la responsabilité de «l’urbanisation massive et des changements dans nos habitudes alimentaires, la perte de la biodiversité, le réchauffement climatique (s’accompagnant d’un allongement de la période de pollinisation), et aussi la pollution atmosphérique». Dans l’éditorial, le cardiologue et député Gérard Bapt enfonce le clou: «La génétique ne peut expliquer l’augmentation de l’asthme, des rhinites et des allergies associées en général. (…) Ce qui a changé, c’est l’environnement, le nombre et la nature des allergies rencontrées, qu’elles proviennent de l’alimentation, de l’air intérieur ou des pollens.»

7 millions de jours perdus pour la rhinite

Des études épidémiologiques, rappellent les médecins, ont mis en évidence une corrélation entre pollution atmosphérique et l’amplification, l’aggravation voire l’induction des allergies respiratoires, mais aussi cutanées et alimentaires. Et tout cela a un coût totalement ignoré, alors que les allergies respiratoires sont la première cause de perte de productivité dans le monde, devant les maladies cardiovasculaires, avec plus de 100 millions de jours de travail et d’écoles perdus en Europe. Pour la seule rhinite allergique persistante, ce serait 7 millions de journées de travail perdues en France, pour un coût total avoisinant 1 milliard d’euros. Et l’asthme, quand il débouche sur une hospitalisation, implique chaque année un coût de 900 M€. Les médecins demandent que les allergies respiratoires soient consacrées ‘grande cause nationale’, comme le cancer ou le sida par le passé.

 



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