Les allergies alimentaires moins mortelles que la route

Le 04 décembre 2013 par Romain Loury
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L'allergie alimentaire, un tout petit risque comparé à d'autres
L'allergie alimentaire, un tout petit risque comparé à d'autres

Pas de panique: les personnes souffrant d’allergie alimentaire ont 100 fois moins de risque d’en décéder que de mourir d’un accident de la route, révèle une étude publiée dans Clinical & Experimental Allergy.

«Les chocs anaphylactiques [réaction allergique générale de l’organisme] liés à l’alimentation sont des événements rares, dramatiques, qui impliquent souvent de jeunes personnes et attirent d’emblée l’attention des médias», juge l’équipe de Robert Boyle, de l’Imperial College London. Mais pour ces accidents comme pour les attaques de requin, «la perception qu’en a la population est peut-être bien plus aiguë que le risque réel».

Celui-ci serait en effet très faible, ainsi que le montrent les chercheurs britanniques au terme d’une analyse de la littérature scientifique. Portant sur 13 études regroupant un total de 240 décès liés à une allergie alimentaire, leur étude révèle que le risque de décéder d’une allergie alimentaire pour les personnes qui en sont atteintes s’élève à seulement 1,81 cas pour 1 million de personnes-années.

Autrement dit, une personne souffrant d’une telle allergie devrait attendre, en moyenne, 552.486 ans avant d’en mourir. Le risque est plus élevé chez les enfants et adolescents (3,25 cas pour 1 million de personnes-années), ainsi que chez les personnes souffrant d’une allergie aux cacahuètes (2,13 cas pour 1 million de personnes-années) [1].

 

Plus de morts par incendie et par meurtre

Le risque est inférieur à celui qu’il y a de mourir dans un incendie ou d’être victime d’un meurtre (du moins en Europe, où il est 10 fois moins élevé qu’aux Etats-Unis), de l’ordre d’un cas pour 100.000 personnes-années. Les chances sont en revanche plus de 100 fois plus élevées de décéder dans un accident de la route.

«Bien que les chocs anaphylactiques mortels soient des événements soudains, ils sont très rares, de sorte que, pour la plupart des personnes allergiques, ils n’ajoutent que très peu à leur risque global de mortalité», commentent les chercheurs. Ce qui n’empêche pas, loin de là, d’inciter «à une prévention appropriée, à l’étiquetage des aliments, à l’éviction des allergènes et à une meilleure prise en charge thérapeutique» lorsqu’un tel accident survient, ajoutent-ils.

[1] Les chercheurs ont pris comme hypothèse de départ une prévalence d’allergie alimentaire de 3% dans la population générale, de 3,9% chez les 0-19 ans, et de 1% pour les allergies aux cacahuètes.



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