Les alizés responsables du hiatus climatique?

Le 11 février 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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En soufflant plus fort, les alizés du Pacifique ont fait plonger les eaux chaudes vers les profondeurs.
En soufflant plus fort, les alizés du Pacifique ont fait plonger les eaux chaudes vers les profondeurs.
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La question agite le monde climatique depuis plusieurs années. Comment expliquer le découplage entre l’accroissement croissant de la concentration de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère et l’augmentation de la température de surface de la planète, alors que les autres signes du réchauffement climatique (augmentation du niveau des mers, fonte de la banquise arctique, réchauffement profond des océans) ne marquent pas de pause et continuent leur course?

Nombre de théories ont été avancées pour expliquer ce phénomène, observé depuis le début des années 2000, et qui fait le bonheur des climato-sceptiques. Dans le désordre, les climatologues mettent en avant un formidable stockage d’énergie par l’océan, une surestimation de l’impact «réchauffant» de certains nuages ou la variabilité naturelle du climat.

8% de l'océan mondial

Dernièrement, deux chercheurs de l’institut Scripps d’océanographie de San Diego ont estimé que la clé de ce «hiatus climatique» était à rechercher dans le refroidissement des eaux superficielles de la partie équatoriale de l’océan Pacifique oriental. Reste à savoir comment une telle surface (8% de l’océan mondial) a pu perdre ainsi quelques dixièmes de degrés?

Dans un article publié, dimanche 9 février, dans Nature Climate Change, une équipe internationale dirigée par Matthew England (université de Nouvelle Galles du Sud, Australie) propose une explication, jugée crédible dans la communauté des océanographes. En résumé, tout serait la faute des alizés qui font partie d’un cycle de variabilité nartuelle décennale dans le Pacifique.

Refroidir le climat mondial

Depuis une douzaine d’années, le renforcement du régime des alizés sur le Pacifique équatorial a accéléré le mouvement des eaux des océans, faisant plonger vers les profondeurs le réchauffement de surface. La chaleur se retrouve, dès lors, confinée à l’intérieur de l’océan, ne contribuant plus à l’augmentation de la température de surface globale. Ce phénomène aurait contribué, estiment les auteurs, à «refroidir» le climat mondial de 0,1°C à 0,2°C, en 2012. «Ce qui représente l’essentiel du hiatus observé depuis 2001», complètent-ils, «et est comparable à la pause observée dans les années 40 et 50»

Interrogé par le JDLE, Eric Guilyardi (LOCEAN/IPSL et université de Reading) se montre convaincu par la démonstration. «Il est bien connu que des vents plus forts font plonger de plus grands volumes d’eau», confirme-t-il. Mais le mouvement inverse existe aussi. «Lorsque les alizés se calmeront, la chaleur emmagasinée dans les profondeurs remontera et l’on assistera à une accélération du réchauffement de surface comparable à celle que nous avons connue entre les années 1970 et 1990. Reste à savoir si le régime des vents du Pacifique baissera l’an prochain ou dans 10 ans.»

 



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