Les aires marines protégées ratent en partie leur cible

Le 01 septembre 2014 par Romain Loury
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La Grande barrière de corail, en Australie
La Grande barrière de corail, en Australie
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Les aires marines protégées (AMP) sont-elles vraiment situées au bon endroit? La question est posée par une étude française publiée dans les Ecology Letters. Selon ces travaux, il y aurait tout lieu de mieux protéger les zones à moindre biodiversité de poissons, plus vulnérables à la disparition d’espèces.

Pour l’équipe de David Mouillot, du laboratoire Ecosym («Ecologie des systèmes marins côtiers», Montpellier) [1], il n’y a pas de doute: les AMP doivent être étendues. Car si nul ne nie les bienfaits de celles actuellement en place, d’autres zones plus vulnérables, du fait d’une moindre richesse en espèces, demeurent non protégées.

Les chercheurs ont analysé un total de 6.316 espèces de poissons tropicaux dans 169 sites répartis dans les mers chaudes. Ils les ont classés en 646 «entités fonctionnelles», selon leur taille, leur régime alimentaire, leur position dans la colonne d’eau (benthique, pélagique, benthopélagique), leur période d’activité (nuit, jour, les deux), leur comportement social (solitaire, en couple, groupes plus ou moins importants) et leur mobilité.

Constat: les zones à plus forte biodiversité, celles où l’on compte le plus d’espèces, sont aussi celles qui comportent en général le plus grand nombre d’entités fonctionnelles, ainsi que le plus grand nombre d’espèces au sein d’une entité fonctionnelle. En bref, si une espèce disparaît, d’autres pourront aisément prendre le relais. Parmi ces zones, l’archipel indo-australien et les Caraïbes, les mieux couvertes par les AMP.

A l’inverse, les eaux côtières du Chili, la partie orientale de l’océan Pacifique tropical et l’est de l’océan Atlantique sont bien moins riches, avec bien moins de redondance entre espèces –qui s’avèrent donc, individuellement, plus indispensables à l’écosystème.

Sur l’archipel Juan Fernández, au large du Chili, 83% des entités fonctionnelles ne comptent ainsi qu’une seule espèce, de même que 80% de celles de l’île Sainte-Hélène dans l’Atlantique, et que 77% de celles de l’île de Pâques dans le Pacifique. Contre seulement 40% au centre du bassin Indo-Pacifique, qui comprend l’Australie et l’Indonésie.

Or malgré, mais aussi du fait de, cette pauvreté relative, elles demeurent très peu protégées. «Protéger les services écologiques rendus par les populations de poissons des habitats côtiers est aussi important que de protéger les espèces elles-mêmes», estime Caleb McClennen, directeur du programme marin du Wildlife Conservation Center (WCS), impliqué dans l’étude. Selon lui, ces résultats devraient permettre de mieux cibler de futures AMP.

[1] Ecosym est un laboratoire du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) et des universités Montpellier 1 et 2.



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