«Les aides européennes encouragent la surpêche»

Le 13 septembre 2011 par Célia Fontaine
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Le montant des aides de l’Union européenne au secteur de la pêche est trois fois supérieur au montant généralement annoncé par la Commission, révèle Oceana dans un rapport rendu public ce mardi 13 septembre. L’organisation internationale pour la conservation des océans demande en conséquence «l’arrêt immédiat du versement de toutes les subventions encourageant le développement de la pêche».
 
Aujourd’hui, 75% des ressources halieutiques de l'Union européenne sont surexploitées. A qui la faute? «La dépendance de l’industrie de la pêche dans l'UE aux subventions payées par le contribuable européen a entraîné la surpêche et la surcapitalisation de la flotte et a réduit la rentabilité du secteur tout en empêchant de générer les bénéfices[1] légitimement réalisables sur la base des ressources en place», explique Anne Schroeer, chef de projet en mer Baltique pour Oceana Europe.
 
Les aides directes accordées au secteur comprennent les aides à la construction, le Fonds de prévention des aléas à la pêche, et autrefois le FPAP, un fonds mis en place pour compenser la hausse des carburants mais qui a été jugé illégal par Bruxelles; les entreprises de pêche doivent donc rembourser ce qui leur a été alloué. Il existe également des aides indirectes de l’UE et de l'Etat (détaxe gasoil).
 
Selon le rapport publié aujourd’hui, le montant des aides européennes aux pêcheries qui est rendu public ne prend en compte que les versements du Fonds européen pour la pêche (FEP) et exclut les aides versées par chaque Etat membre aux entreprises du secteur. Résultat, ce montant s’élèverait en réalité à 3,3 milliards d’euros en 2009 et «pour 13 Etats membres, le montant d’aides versées dépassait la valeur totale de leurs débarquements», peut-on lire dans le communiqué du 13 septembre. Le montant total des subventions pour le secteur européen de la pêche équivalait en 2009 à 50% de la valeur de la totalité des prises par les pays de l’UE au cours de la même année (6,6 Md€). En surcapacité, les flottes de pêche ne peuvent faire leur travail de manière « durable ».
La France profiterait largement de ces subventions, avec plus de 360 M€ perçus en 2009. Cet argent a permis la construction de bateaux de pêche plus performants et qui consomment beaucoup de carburant, mais qui ne permettent pas à la ressource de se régénérer à un rythme naturel.
 
Il est cependant de plus en plus difficile de concilier une demande des consommateurs en hausse, et une baisse tangible de la ressource halieutique. En effet, les ONG s’appuient sur des études scientifiques pour tirer la sonnette d’alarme: nous risquons sérieusement de manquer de poisson d’ici 30 ans (voir le JDLE). La preuve, l’Europe dépend de plus en plus de l’exportation et ce de plus en plus tôt dans l’année (voir le JDLE).
 

Consciente de cette situation critique, la Commission européenne a présenté cet été son projet de réforme de la politique commune de la pêche (voir le JDLE). Un nouvel instrument de financement sera proposé en novembre. Oceana espère que les aides iront davantage aux aires marines protégées plutôt qu’au secteur de la pêche.



[1] Malgré ces aides, 30 à 40% des segments de pêche étudiés dans le rapport ont souffert de pertes financières, chaque année entre 2002 et 2008.


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