Les agrocarburants, un violent coupe-faim

Le 27 septembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Une fois n’est pas coutume, les Qataris se préoccupent de la faim dans le monde. Lundi 26 septembre, au cours d’une conférence à Istanbul sur la culture de céréales au Maghreb et au Machrek, Mahendra Shah a lancé un vibrant appel à la réduction de la production d’agrocarburants.
Le patron du programme alimentaire qatari ne plaidait pas pour sa paroisse (l’émirat est un producteur de pétrole et le troisième producteur mondial de gaz naturel). L’auteur du rapport «Agrocarburants et sécurité alimentaire», réalisé à la demande du Fonds de l’Opep pour l’aide au développement, rappelait les impacts sur l’approvisionnement alimentaire de cette production énergétique.
Selon l’ancien fonctionnaire onusien, la demande croissante en agrocarburants va provoquer une tension certaine sur les marchés des céréales. Mahendra Shah estime ainsi que la seule hausse de la production de carburants d’origine végétale va structurellement faire grimper les prix d’un tiers d’ici 2020.
Pour satisfaire à la demande, ajoute-t-il, les nations productrices devront déforester davantage: de 27 millions d’hectares d’ici 2020 et 37 millions d’ici 2030.
Et tout cela, alors que la demande alimentaire mondiale, notamment du fait de la croissance démographique, va elle aussi fortement progresser.
Conclusion sans appel de l’expert qatari: la production d’agrocarburants de première génération (les seuls actuellement disponibles) va augmenter, à terme, de 120 millions le nombre de personnes dans le monde ne mangeant pas à leur faim.
 
En 2008, suite à la très forte inflation des prix de nombreuses denrées alimentaires, l’organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO, selon l’acronyme anglais) avait publié un volumineux rapport sur les relations entre production de carburant et sécurité alimentaire. «La production de biocarburants liquides a affaibli et continuera d’affaiblir la sécurité alimentaire», concluait l’étude. En contribuant significativement à la hausse des prix des cultures alimentaires. En accroissant les surfaces agraires destinées aux agrocarburants, réduisant d’autant les surfaces disponibles pour accueillir les populations défavorisées. Enfin, indiquait le document, la production d’agrocarburants «réduit la biodiversité et favorise la compétition pour l’accès à l’eau potable.»


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