Les agriculteurs bio s’en sortent mieux

Le 02 juin 2015 par Romain Loury
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Jusqu'à 35% de profits en plus
Jusqu'à 35% de profits en plus

L’agriculture bio serait-elle plus rentable que l’agriculture conventionnelle? Oui, mais à condition que le prix des produits demeure un peu plus élevé, révèle une étude publiée lundi 1er juin dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).

Considérée comme plus favorable à l’environnement et à la santé humaine, l’agriculture bio présente certes bien des avantages par rapport à la pratique conventionnelle… encore faut-il qu’elle soit économiquement attrayante pour l’agriculteur. Or il semblerait qu’elle le soit, et pas qu’un peu, selon la méta-analyse menée par David Crowder et John Reganold, chercheurs en agronomie à l’université de l’Etat de Washington.

Regroupant 44 études, soit 55 cultures dans 14 pays répartis sur les 5 continents, les chercheurs ont comparé les résultats financiers des deux types d’agricultures. Premier constat: les rendements agricoles sont a priori meilleurs dans une exploitation conventionnelle. Quant au coût, il est sensiblement le même: le travail manuel coûte plus dans le bio (entre 7% et 13%), mais il est largement compensé par les pesticides et engrais minéraux utilisés dans le conventionnel.

A prix de vente égal du produit, le conventionnel rapporte donc plus que le bio, avec une différence de 23% à 27% en termes de profits. Mais doté d’une meilleure image, le bio se vend plus cher -jusqu’à 32% dans l’étude. Résultat: grâce à cette «prime au bio», les agriculteurs bio s’en sortent bien mieux, avec des profits au final supérieurs de 22% à 35% au conventionnel.

La conversion, baptême du feu

Selon les chercheurs, c’est lorsque le surcoût du produit bio est inférieur à 5% à 7% par rapport au produit conventionnel que les deux types d’agriculture atteignent l’égalité. Pour John Reganold, «cela signifie que l’agriculture a encore beaucoup d’espace de croissance devant elle [elle ne constitue que 1% de l’agriculture mondiale], et aussi de la marge pour faire baisser ses prix».

Pour les auteurs, l’un des freins les plus importants à la conversion réside dans les trois premières années, lorsque survient une baisse des rendements et que les agriculteurs ne reçoivent pas encore les bénéfices de leur choix. Le rôle des autorités est alors de soutenir l’exploitation afin de l’aider à passer le cap -comme pour les aides à la conversion en France.

L’étude ne tient pas compte des services écosystémiques, plus abondants dans l’agriculture bio, tels que le fait d’avoir un sol plus vivant, d’une meilleure pollinisation par les insectes ou du contrôle biologique des pathogènes. Ce qui pourrait encore accroître l’intérêt économique du bio.



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