Les acides gras trans s’effacent de l’Europe

Le 26 septembre 2012 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Même à l'Est, les fast food jouent le jeu.
Même à l'Est, les fast food jouent le jeu.

La teneur des aliments en acides gras de type trans a fortement diminué au cours des dernières années en Europe, mais demeure trop élevée dans les pays de l’Est, révèle une étude danoise publiée dans le British Medical Journal (BMJ).

Pour l’industrie agroalimentaire, ces graisses partiellement hydrogénées présentent les avantages du faible coût et d’une plus grande stabilité. Seul hic, elles sont liées à une hausse du risque cardiovasculaire. D’où la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’en limiter la consommation quotidienne à moins de 1% de l’énergie totale.

Certains pays, tels le Danemark et l’Autriche, ont été jusqu’à interdire les aliments dont la teneur en acides gras trans est supérieure à 2%. La plupart des autres pays occidentaux recourent à l’étiquetage, appelant aussi les industriels à une démarche volontaire de réduction. Ces efforts semblent avoir payé, comme le suggère l’étude menée par Steen Stender, de l’hôpital universitaire de Copenhague, et ses collègues.

Conduite dans 6 pays européens (Allemagne, France, Hongrie, Pologne, République tchèque et Royaume-Uni), elle révèle une baisse marquée des teneurs entre 2005 et 2009, mais avec des différences d’un bout à l’autre du continent. Les chercheurs ont analysé des types d’aliments très chargés en acides gras trans, tels les frites et les croquettes de poulet vendues dans des fast-foods (McDonald’s et Kentucky Fried Chicken), ainsi que du pop-corn et des biscuits commercialisés dans de grandes chaînes de supermarché.

Dans les trois pays d’Europe de l’Ouest, un repas riche en acides gras de type trans -celui qui combinerait fast-food, pop-corn et biscuits- est ainsi passé de plus de 20 grammes à moins de 2 g entre 2005 et 2009. Dans le même temps, ce type de menu dans les pays de l’Est est passé d’environ 40 g à des valeurs comprises entre 10 g et 20 g, avec un niveau particulièrement élevé en République tchèque, où il frôle les 20 g.

Constat étonnant: les produits responsables de ces niveaux encore élevés (pop-corn, biscuits) étaient souvent les mêmes que ceux testés en Europe de l’Ouest, suggérant que les efforts de l’industrie n’ont pas été les mêmes partout. A l’inverse des fast-foods, qui ont joué le jeu dans l’ensemble des pays, aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest. Ces différences d’acides gras trans pourraient en partie expliquer celles observées en matière de maladies cardiovasculaires.

Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), leur incidence continue à stagner à un niveau très élevé en Hongrie (au-dessus de 310 décès pour 100.000 habitants par an), alors qu’elle a fortement baissé au Danemark, passant de 397,7 décès/100.000 hab en 1980 à 109,3 en 2006. La France fait encore mieux, avec seulement 55,3 décès/100.000 hab en 2006, contre 105,1 en 1980.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus