Les achats de la ville de Lille se mettent au vert

Le 15 novembre 2004 par Christine Sévillano
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lille_deesse
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La ville de Lille est en avance sur les achats écologiques. Elle a déjà formé plus de 50 acheteurs à la rédaction des cahiers des charges intégrant des aspects environnementaux. Résultat: Lille a trouvé un fournisseur pour les éclairages publics. Une économie prévue de 42% d'énergie.

Une nouvelle culture "achat" pénètre dans les administrations et les collectivités locales et pas seulement dans un souci de plus stricte gestion des deniers publics. La dimension écologique est de plus en plus intégrée. La Commission européenne a présenté le manuel européen sur les marchés publics écologiques le 29 octobre, un ensemble de recommandations, pour les aider dans cette démarche. A cette occasion, Danielle Poliautre, ajointe au maire de la ville de Lille et déléguée à la qualité de vie et au développement durable, a pu montrer les avancées de son équipe sur le sujet. Tous les achats ne sont pas encore réalisés sur la base de critères environnementaux, mais la mairie de Lille a décidé de cibler son action sur quelques secteurs.

Les techniciens de la mairie ont travaillé principalement à la rédaction des cahiers des charges pour six catégories de produits: les bois, les peintures, les produits d'entretien, les papiers et l'encre d'imprimerie. Ces produits ont été passsés au crible de critères environnementaux comme la biodégradabilité, le risque pour la santé, la qualité de l'air, le respect du milieu naturel, le choix des matières premières et des emballages. "Nous procédons désormais pour certains marchés à des analyses fines afin d'argumenter le cahier des charges dans un sens écologique", explique Danielle Poliautre.

Intégrer une dimension environnementale nécessite pour les acheteurs publics une remise en cause de leur organisation et surtout une meilleure sensibilisation sur le sujet. C'est pourquoi la mairie, depuis 2003, s'est employée à former plus de 50 acheteurs avec une journée consacrée aux éco-achats et une autre journée de formation à l'écriture des cahiers des charges. Un guide des achats a été élaboré pour les aider.

Le marché de l'éclairage public (35 millions d'euros sur huit ans) a permis de mettre en application ces principes.18 mois ont été nécessaires pour préciser les exigences de la mairie en matière environnementale. Ainsi ont été inscrits dans le cahier des charges le principe d'économie d'énergie, la volonté de recourir aux énergies renouvelables, une diminution des déchets et une plus grande durabilité des appareils. Le prestataire retenu s'est engagé à atteindre une réduction de la consommation d'énergie de 42% sur huit ans et à obtenir une économie de 1,3 milliards d'euros sur le fonctionnement dès la première année. Ces économies ne sont pas possibles partout. L'adjointe reconnaît que sur certains produits comme les peintures de bâtiments moins nocives, les prix sont plus élevés.

D'autres applications concrètes sont en cours de réalisation. La mairie insiste ainsi sur l'emploi de matière issue des forêts durables pour son marché sur le bois. Elle réclame également de ses fournisseurs l'absence de produits toxiques dans ses futures peintures à l'eau destinées à la rénovation d'équipements comme les centres sociaux. L'objectif: protéger les utilisateurs. Une réflexion profonde est envisagée sur l'usage de produits biologiques dans les restaurants collectifs, notamment les cantines des écoles. "Ces produits bio devront être de qualité et ne pas délaisser l'aspect gustatif", poursuit Danielle Poliautre. Outre l'aspect "bio", la municipalité veut privilégier les productions locales afin de diminuer les transports pour agir sur la pollution atmosphérique.

Les fournisseurs, selon Danielle Poliautre, réagissent bien. "De toute façon, nous ne travaillons pas seulement sur le besoin, mais aussi sur l'offre. Ce qui signifie que nous collaborons avec les entreprises, et notamment avec les PME, afin qu'elles répondent favorablement à nos appels d'offre", poursuit l'adjointe. Les difficultés sont davantage juridiques. Danielle Poliautre affirme en effet que "le Code des marchés publics n'a pas encore assez évolué, notamment sur les critères sociaux. Il manque des éléments pour qu'on puisse mieux prendre en compte la façon de produire de nos fournisseurs, en particulier la situation de leurs salariés".




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