Les accords sectoriels, clé de voûte du prochain accord climatique

Le 18 avril 2008 par Victor Roux-Goeken
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Réunis à Paris jusqu’au vendredi 18 avril, les 16 pays émettant 80% des émissions de gaz à effet de serre ont discuté accords sectoriels. Ceux-ci visent à limiter les émissions par secteur industriel (ciment, acier) au niveau mondial, en plus des objectifs nationaux de réduction. Mais les pays émergents réclament certaines conditions.

Les accords sectoriels feront-ils avancer le schmilblick climatique? Les 16 pays les plus émetteurs de la planète, plus l’Union européenne, qui sont réunis depuis le jeudi 17, et jusqu’au vendredi 18 avril à l’occasion du troisième Major economies meeting (MEM), veulent le croire. Si cette option fait partie du prochain accord climatique qui devrait être conclu à Copenhague en décembre 2009, la France aura de quoi s’en réjouir. «Le travail sur les accords sectoriels est l’œuvre d’un think tank français: l’Institut de développement durable et des relations internationales (Iddri)», se réjouit Brice Lalonde, ambassadeur climat pour la France.

Tenter de limiter au niveau mondial les émissions d’un secteur industriel a deux avantages. D’un côté, cela permet de concilier, pour les pays émergents, lutte contre le changement climatique et développement économique en fixant un cadre reconnu internationalement; de l’autre, cela rassure les pays industrialisés, qui ne souhaitent pas voir leurs industries subissant une forte concurrence internationale filer à l’étranger à cause du «dumping environnemental» de pays moins vertueux.

Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes, l’a assuré jeudi 17 au soir: «Chacun reconnait l’utilité de cette approche sectorielle, mais avec quelles modalités? Cet outil ne doit pas permettre de se substituer aux objectifs nationaux de réduction des émissions des pays les plus développés; pour être efficace, cette approche suppose un transfert de technologies entre pays développés et ceux en voie de développement; cela ne doit pas être une mesure visant à être une nouvelle barrière commerciale ou industrielle.»

L’annonce de George W. Bush, mercredi 16 avril au soir, a eu son petit effet en venant contredire les espoirs des pays émergents. Le président américain avait annoncé un simple plafonnement de ses émissions de GES en 2025 (1). «En ne se fixant pas d’objectifs de réduction des émissions à moyen terme, comme l’a fait l’Union européenne, les Etats-Unis se mettent dans le même sac que les pays en voie de développement», explique-t-on du côté de l’équipe de négociation climatique française. Le plafonnement des émissions en 2025, pour les pays émergents et en voie de développement, est en effet l’option privilégiée pour l’accord climatique qui devrait être adopté en 2009 à Copenhague.


(1) Voir l’article du JDLE: «Etats-Unis: Bush veut stabiliser les émissions de CO2 d’ici 2025»



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