Les abeilles, maillons essentiels pour des fraises appétentes

Le 04 décembre 2013 par Marine Jobert
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Des fleurs de fraisiers.
Des fleurs de fraisiers.
DR

Fraisiculteurs de la planète, c’est aux abeilles que vous devez la moitié de vos revenus. Car celles-ci, par leur action de pollinisation, contribuent considérablement à obtenir des fruits plus gros, plus fermes et probablement plus rouges que ceux fécondés grâce au vent ou à l’autopollinisation. Voici quelques-unes des conclusions auxquelles est parvenu Björn Klatt, de l'université de Goettingen en Allemagne, qui ont été publiées dans la revue Bristish proceedings of the Royal society B.

Un marché de 2,9 milliards de dollars

Le mutualisme entre les abeilles et les fleurs des fraises n’est pas une nouveauté. Mais l’apport économique de cette pollinisation «active» n’avait pas été calculé de façon aussi précise auparavant: les abeilles augmentent de 11% le poids des fraises par rapport à la pollinisation par le vent, et de 30,4% pour l’autopollinisation, a évalué le chercheur. Plus appétentes et se tenant mieux sur les étals, ces fraises peuvent en moyenne être proposées 12 heures de plus aux consommateurs par rapport à une pollinisation par le vent et 26 heures pour l’autopollinisation. Sachant que 4 jours après la récolte, la grande majorité des barquettes de gariguettes ou de maras finissent à la poubelle, ce répit est d’importance, sur un marché qui génère 2,9 milliards de dollars (2,14 Md€) en Europe.

Valeur ignorée de la pollinisation

De façon plus générale, rappelle l’étude, 75% des 115 végétaux principalement cultivés à la surface du globe ont besoin des pollinisateurs, ou à tout le moins profitent de leurs services; 28 espèces se satisfont de l’autopollinisation ou du vent seulement. La pollinisation animale serait impliquée dans environ 35% des productions vivrières. «La valeur de la pollinisation et des autres services rendus par l’écosystème est toujours sous-estimée, voire ignorée, dans les politiques nationales et internationales», déplore le chercheur, qui cite notamment la dernière mouture de la politique agricole commune et la place qu’il accorde encore aux pesticides. Une récente étude américaine avait mis en évidence que la disparition d’un insecte pollinisateur pouvait modifier les habitudes de butinage de ses congénères, au point de modifier leurs «plans de vol» et la quantité de pollen transporté. «Cette étude démontre que la perte d’une seule espèce d’abeille peut mettre en danger la pollinisation et la reproduction des plantes à fleur, détaillait alors Alan Tessier, le directeur du programme à la division de biologie environnementale à la National Science Fondation. La mise en lumière des mécanismes est impressionnante: la perte d’une seule espèce change le comportement de butinage de toutes les autres espèces.»

 

 



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