Les 27 ne se pressent pas pour stopper la surpêche

Le 15 mai 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'Europe consacre peu d'argent au contrôle de la pêche.
L'Europe consacre peu d'argent au contrôle de la pêche.

 

Malgré la crise, l’heure n’est pas à la réduction des déficits des… stocks de poisson. Telle pourrait être résumée la réunion des ministres européens en charge de la pêche, qui s’est tenue lundi 14 mai à Bruxelles.

Certes, indique le relevé de conclusions du sommet, une régulation plus stricte est désormais à l’ordre du jour. Mais elle ne devrait pas être mise en œuvre dans l’immédiat. L’exécutif européen souhaite instaurer un «rendement maximal durable». Ce qui correspond au prélèvement maximal que les pêcheurs pourraient effectuer sans compromettre la survie des espèces.

Louable, cette initiative ne devrait toutefois pas voir le jour avant 2015. Et encore, pas pour tous les stocks hantant les eaux communautaires.

Bref, il est urgent de ne pas se presser pour préserver la biodiversité marine. D’autant que les mesures évoquées lundi sont loin d’être suffisantes. Dans un rapport, publié en fin de semaine passée, Océan 2012 rappelle que l’utilisation des fonds publics européens de la pêche laisse, en effet, à désirer. Et rien ne semble pour le moment indiquer un changement d’affectation des crédits.

Chaque année, environ 850 millions d’euros sont destinés à des mesures structurelles, dont la modernisation des navires, alors que moins de 50 millions sont consacrés à la mise en application des grands objectifs de la politique communautaire de la pêche et au contrôle, et moins de 50 millions également à la collecte de données scientifiques.

Conséquence: 63% des stocks évalués pour l’Atlantique européen, 82% de ceux de la Méditerranée et 4 des 6 stocks de la Baltique sont surpêchés.

«Cette situation résulte en grande partie de décisions mauvaises car basées sur une vision à court terme. Alors que les stocks déclinaient, les subventions ont alimenté la surpêche en réduisant artificiellement les coûts d’exploitation, tout en augmentant la capacité de capture des flottes. La Banque mondiale et la FAO estiment le coût global de la surpêche à 50 milliards de dollars (39 milliards d’euros) par an. Dans l’UE, ce coût est estimé à 3,2 Md$ (2,5 Md€) pour seulement 43 stocks», estime la coordination de 160 organisations.

La situation des poissons européens est telle que même la pêche «certifiée durable» ne semble plus l’être tout à fait.

Dans un article récemment publié dans Marine Policy, Rainer Froese (Helmholtz Centre for Ocean Research de Kiel) estime que le tiers des poissons certifiés Marine Stewardship Council (MSC) et 19% des prises estampillées Friend of the Sea (FOS) ne méritent pas ces labels de durabilité. 



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