Légumes secs: la ‘viande du pauvre’, championne de la transition alimentaire

Le 04 mai 2016 par Marine Jobert
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Les légumineuses, super héros du climat!
Les légumineuses, super héros du climat!
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Les légumineuses, bon marché et riches en protéines et en huiles, sont également ‘climate friendly’, constatent le réseau Action Climat et Solagro dans un rapport qui fait le tour de la filière, tant en France qu’à l’étranger.

Peu coûteux, sobres en intrants, produits localement, dotés de qualités nutritionnelles exceptionnelles… Les légumes secs ont tout pour plaire dans une société en quête de décarbonation, jusque dans l’assiette. Car le secteur de l’alimentation représente près de 30% des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire français[1] (chiffres 2006). Or les pois chiches, lentilles et autres pois cassés représentent «un levier d’atténuation incontournable», constatent le réseau Action Climat et Solagro, dans un rapport intitulé «Les légumes secs au secours du climat», essentiellement centré sur la consommation humaine.

Protéines aux deux tiers animales

L’Assemblée générale des Nations Unies ne s’y est pas trompée, qui a proclame? l’année 2016 «année internationale des légumineuses». Objectif: redonner des lettres de noblesse à la «viande du pauvre», pierre angulaire de l’apport en protéines pour les populations pendant des siècles. Avant l’avènement du régime carné: actuellement, les protéines consommées sont pour deux tiers animales et un tiers végétales, alors que la recommandation maximale est de ne pas dépasser 50% de protéines animales.

Agriculture=16% des GES

Au-delà des préconisations de santé publique, les légumineuses sont des cadeaux pour le sol, les masses d’eau et le climat: ces cultures ne nécessitent pas d’apport d’azote, fixent l’azote de l’air et leur insertion dans les systèmes de culture diminue les émissions de protoxyde d’azote liées a? la fertilisation. En 2013, le secteur de l’agriculture représentait 16% des émissions territoriales françaises de GES, dont 48% sous forme de protoxyde d’azote (N2O).

1,7 kg par personne par an

En quelque 50 ans, la consommation française de légumineuses à graines a été divisée par 4 (1,7 kilogramme par personne et par an, soit deux fois moins que la moyenne européenne), entraînant une chute du nombre d’hectares cultivés. A tel point qu’aujourd’hui, la production nationale ne couvre que 27% de la consommation. Et les filières sont totalement à (re)construire. L’exemple du pois chiche Made in France est éloquent. Avec plus de 8.000 hectares en culture (surtout en Languedoc et Midi-Pyrénées), la production de pois chiche nationale prend le plus souvent le chemin de l’étranger en l’absence de filières organisées entre producteurs et utilisateurs, ce qui entraîne des importations de fèves produites à l’étranger.

Lentille du Puy peu attractive

Le rapport se concentre sur des exemples français, avec une attention particulière pour la lentille, numéro un des productions nationales. Sans pour autant électriser les agriculteurs: avec 3.970 ha (dont 4% en agriculture biologique) et 765 agriculteurs qui produisent de la Lentille verte du Puy, la légumineuse séduit de moins en moins, constatent les auteurs. La Bourgogne et sa lentille verte est aussi citée en exemple, tout comme les productions d’une coopérative située dans les Pays de la Loire ou la démarche collective de valorisation des légumes secs menée par un groupement d’intérêt économique (GIE) en Charente. Une filière de légumes secs certifiés bio est en train d’émerger dans le Sud-ouest, notent les auteurs du rapport.

Le soja roi

Au plan mondial, la forte augmentation de la culture des légumineuses depuis 1970 (passant de 7% à 12,5% de la production mondiale de céréales) s’explique essentiellement par l’explosion de la culture du soja (75% de la production mondiale de légumineuses à graines). Mais les autres graines ont tout de même tracé leur sillon, doublant dans le même temps les superficies cultivées. Mais pas en Europe, qui produit moins de 2% des légumineuses.

Production européenne spécialisée

Au plan européen, la France est au premier rang, avec 15% des surfaces en légumineuses a? graines (et 21% de la production totale). Le rapport pointe toutefois une hyperspécialisation des pays européens[2]. Les pois protéagineux sont une ‘spécialité’ française (35% de la production de l’UE), les lupins en Pologne (55% de l’UE), les féveroles au Royaume-Uni (26% de l’UE), le soja en Italie (43% de l’UE) ou bien les pois chiches et les lentilles en Espagne (74% de l’UE).

 

 



[1] Notamment à cause des engrais azotés et de la consommation de produits animaux.

[2] Alimentations humaines et animales confondues.

 



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