Légère baisse des prélèvements d’eau en France

Le 12 décembre 2019 par Stéphanie Senet
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1,3% de prélèvements en moins chaque année en moyenne depuis 2005
1,3% de prélèvements en moins chaque année en moyenne depuis 2005

Petite régression des volumes extraits, situations critiques liées à la sécheresse, qualité des masses d’eau à améliorer... La 7e étude BIPE-FP2E sur les services publics d’eau et d’assainissement a été publiée ce 12 décembre. Tour d’horizon.

Quelle est la tendance des prélèvements ?

La tendance à une légère baisse se confirme. 5,1 milliards de mètres cubes d’eau ont été extraits en 2016 pour la production d’eau potable, soit 211 litres d’eau par personne et par jour, tous usages compris. Ce qui représente une régression moyenne d’1,3% par an depuis 2005, à mettre sur le compte «d’équipements électroménagers moins gourmands en eau, de la résorption de fuites sur les réseaux et d’une tendance à la sobriété dans les consommations», selon Tristan Mathieu, délégué général de la Fédération des entreprises de l’eau (FP2E). De grandes disparitions régionales sont toutefois à relever, passant du simple au triple entre la Loire-Atlantique (168 litres d’eau par jour) et les Alpes maritimes ou le Var (plus de 400 l).

 

Comment les usages évoluent-ils ?

Les usages domestiques absorbent 48% des prélèvements, contre 29% pour l’agriculture et 24% pour l’industrie (hors énergie) selon une répartition stable depuis une dizaine d’années. A noter que la consommation domestique d’eau potable, elle, a tendance à augmenter légèrement. Elle est passée en France de 165 l/jour/hab en 2005 à 170 l/j/hab en 2016.

 

Quel est l’impact des sécheresses ?

Une centaine de services publics d’eau potable ont connu une situation critique en 2019, selon Tristan Mathieu. Ce qui a obligé les collectivités locales à réadapter des pompages, à se faire livrer de l’eau voire à stocker de l’eau en bouteille. Des situations de tension amenées à se multiplier sous l’effet du réchauffement, déjà observées à Guéret (lire l’article du JDLE), Boulogne-sur-Mer, ou Valenciennes. «Il est indispensable de créer de nouvelles ressources en réutilisant des eaux usées traitées, en particulier sur le littoral ou elles sont rejetées à la mer, mais aussi en créant des interconnexions et en poursuivant la lutte contre les fuites», estime le délégué général de la FP2E. En attendant, les dommages liés à la sécheresse augmentent. Le coût moyen d’un événement de sécheresse « reconnu catastrophe naturelle » a été multiplié par 3,4 au cours des 20 dernières années, passant de 163.000 euros en 1983-2000 à 546.000 € en 2000-2016.

 

Comment évolue l’état des eaux ?

L’objectif de la directive-cadre sur l’eau d’atteindre 100% de bon état des masses d’eau dans l’UE en 2027 est encore lointain. Seulement 40% des eaux de surface affichent un bon état écologique et 38% un bon état chimique. Au niveau des eaux souterraines, les résultats sont meilleurs : un bon état chimique est observé dans 75% des cas. En France, les résultats sont en revanche inférieurs à la moyenne européenne avec 69% des eaux souterraines en bon état chimique. Quant eaux de surface, elles sont en bon état écologique à 44% et en bon état chimique à 63%.

 

Quels sont les effets des mesures prises lors des Assises de l’eau ?

Résorption des fuites, nouveaux captages prioritaires en 2021, réduction des prélèvements de 10% en 2025, Aquaprêt... Les mesures annoncées le 29 août 2018 et le 1er juillet 2019 par le ministère de la transition écologique ne sont pas encore mises en œuvre. «C’est un signal positif mais il reste à concrétiser. Les travaux ne sont pas encore enclenchés, notamment sur les réseaux de distribution d’eau potable à cause d’un imbroglio autour des compétences en matière d’eau et assainissement», observe Tristan Mathieu. Le transfert de ces compétences aux intercommunalités, prévu par la loi Notre, a fait l’objet de nombreuses modifications parlementaires. Un accord trouvé en Commission mixte paritaire le 11 décembre devrait enfin fixer les nouvelles règles du jeu (cf article du JDLE).

 

 


 



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