Le WWF poursuivi par Survival International devant l’OCDE

Le 16 février 2016 par Marine Jobert
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Les Baka, au sud-est du Cameroun.
Les Baka, au sud-est du Cameroun.
Survival International

L’association Survival International vient de porter plainte devant l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) contre le WWF International. En cause, le sort fait au peuple Baka, des chasseurs-cueilleurs du sud-est du Cameroun, installés depuis des générations dans des forêts tropicales dont ils ont été peu à peu évincés. Privation d’accès à la nourriture et aux ressources ancestrales, violences physiques, tortures: la liste des exactions est longue.

 

Les fait reprochés au WWF International remontent au début des années 2000, lorsque plusieurs réserves naturelles ont été constituées avec son soutien actif –et sans le consentement des Baka–, coupant de facto ce peuple arboricole de son environnement ancestral. «Ce modèle de conservation -la conversion des territoires indigènes en parcs nationaux- réduit en criminels ceux-là mêmes qui ont su protéger la forêt pendant des siècles. Ils sont souvent expulsés de leurs foyers et interdits de chasse et de cueillette», décrit Survival International.

 

C’est dans ce contexte que le WWF a financé et entretenu des brigades «militaires lourdement armées», dédiées à la lutte contre le braconnage. Mais ces ‘éco-gardes’ -que les Baka en étaient venus à désigner comme les ‘dobidobi’, une contraction de l’acronyme de la fondation- s’en seraient violemment pris aux Pygmées, les chassant de leurs terres. «[Ils] les considèrent comme des inférieurs, et comme des cibles bien plus aisées que les braconniers professionnels», décrit Survival International. Tout en reconnaissant que le gouvernement camerounais porte la «principale responsabilité» dans cette affaire, l’ONG estime que le WWF porte une «responsabilité majeure, à cause du soutien qu’il a octroyé au gouvernement et à cause de ses engagement envers le respect des droits humains des peuples indigènes [que le WWF a validés antérieurement]». L’ONG reproche notamment au WWF de ne pas avoir réagi pour mettre fin aux exactions, pourtant dénoncées à maintes reprises par différents observateurs.

 

Les conséquences sanitaires et sociales pour ce peuple de 30 à 40.000 individus, disséminés dans le bassin du Congo, ne se sont pas fait attendre. «Nous tombons malade à cause de notre alimentation. Notre peau n’apprécie pas le soleil et la vie dans le village, témoigne un Baka cité par l’ONG britannique. Dans la forêt, nous sommes en bonne santé et prenons du poids. Maintenant, plus personne n’a de muscles, tout le monde semble malade. Nous sommes obligés de boire pour oublier nos problèmes.»

 

Dans un texte publié sur son site, l’ONG Survival International justifie sa plainte par le fait qu’après une décennie de réunions, d’échanges de courriers et de rapports, «presque rien n’a changé sur le terrain». «Nous espérons que la procédure encouragera le WWF à consulter les Baka et à respecter leurs droits, explique l’ONG au Journal de l’environnement. Le mécanisme est non contraignant mais les entreprises/organisations tendent à suivre les recommandations de l'OCDE



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