Le volontarisme de l'OMI reste à quai

Le 18 novembre 2019 par Victor Miget
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Les Etats peuvent faire ce qu'ils veulent pour réduire les émissions de leur flotte commerciale.
Les Etats peuvent faire ce qu'ils veulent pour réduire les émissions de leur flotte commerciale.
ABS

 

L'Organisation maritime internationale (OMI) invite les Etats à renforcer leur plan d’action contre les émissions de gaz à effet de serre. Sans la moindre contrainte.

 

Le groupe de travail de l'OMI sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre des navires s’est réuni la semaine dernière, à Londres. Il dit avoir «considérablement progressé dans la poursuite des travaux, visant à atteindre les objectifs ambitieux définis dans la stratégie initiale de l'OMI sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre des navires.» Ce qui n’est déjà pas si mal.

Mais encore? Dans son communiqué, l’institution onusienne invite les États membres à élaborer ou à mettre à jour leur plan d’action national… «à caractère volontaire».  

Bonnes pratiques

L’organisation suggère d’y introduire diverses mesures: amélioration de l’efficacité énergétique des navires, accès à l’électricité pour les bateaux à quai. Autre idée force: réduire, volontairement bien sûr, la vitesse des cargos et autres porte-conteneurs. Portée notamment par la France, cette disposition est réputée être l’une des plus efficaces. Selon l’association environnementale Seas at Risk diminuer de 20% la vitesse commerciale des bateaux de commerce permettrait de faire baisser de 34% leurs émissions de CO2. Last but not least, la résolution encourage les États les plus vertueux à partager leurs bonnes pratiques avec l’OMI. Ca ne mange pas de pain.

parler sans décider

Riche en bons conseils, la résolution de l’OMI est pauvre en préconisations. Faig Abbasov, responsable de la politique maritime chez Transport & Environment, déplore d’ailleurs que l’OMI ait «passé une semaine de plus à parler sans rien décider. À l'OMI, tout est lent, à l'exception des navires polluants, et cela doit changer. »

Le projet de résolution sera soumis à la prochaine session du Comité de la protection du milieu marin, MEPC 75, l’organe décisionnel de l’OMI, du 30 mars au 3 avril 2020, en vue de son adoption.