Le virus de Schmallenberg, nouvelle menace sur les élevages

Le 01 février 2012 par Romain Loury
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Le virus de Schmallenberg, qui serait apparu en Allemagne durant l’été 2011, poursuit sa progression dans les élevages européens, avec une forte percée dans le nord de la France.

Jusqu’alors inconnu, ce virus a pour la première fois été isolé en novembre dernier dans un élevage bovin de Schmallenberg, petite ville de Rhénanie du Nord-Westphalie. Depuis sa probable apparition au cours de l’été 2011 dans cet Etat, il s’est rapidement étendu en Europe.

Après l’Allemagne (186 élevages touchés dans 8 Etats, dont 176 de moutons, selon un bilan au 31 janvier), il a été détecté aux Pays-Bas, en Belgique, au Royaume-Uni et en France, où le ministère chargé de l’agriculture a fait état, le 30 janvier, d’un total de 29 élevages touchés dans 10 départements [1].

Appartenant au genre des Orthobunyavirus, ce virus se contracte par piqûre d’insecte (avant tout par des moucherons, peut-être aussi par des moustiques) et, de manière plus inquiétante, par voie placentaire.

«Certains élevages présentent jusqu’à un tiers d’agneaux nés avec des membres bloqués, des défauts d’équilibre ou de succion, voire des crânes surdimensionnés, remplis d’eau avec un cerveau anormalement petit», indique Eric Collin, de la commission d’épidémiologie de la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV), cité par l’Agence France Presse.

Les conséquences sur les jeunes veaux ne seront connues que lorsqu’ils commenceront à naître, en mars. Le virus de Schmallenberg semble en revanche sans grand danger pour les ruminants adultes, qui récupèrent rapidement après quelques jours de forte fièvre, de diarrhée, d’anorexie et de chute de production laitière.

«Il est conseillé aux éleveurs de ruminants dont les animaux présentent des symptômes, de maintenir les animaux malades à l’intérieur du bâtiment d’élevage et de contacter leur vétérinaire dans le cadre de la surveillance clinique mise en place», indique le ministère de l’agriculture dans un communiqué.

Aucun cas de transmission à l’homme n’a pour l’instant été décrit. Dans un bulletin publié en décembre, le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC) juge «improbable que ce nouvel Orthobunyavirus entraîne des maladies chez l’homme», tout en estimant que «cela ne peut être exclu pour l’instant».

Si le virus de Schmallenberg appartient au sérogroupe dit «Simbu», dont certains membres peuvent infecter l’homme, ses plus proches parents, les virus Shamonda, Aino et Akabane, en sont incapables, explique l’ECDC.

[1] Aisne, Calvados, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Oise, Pas-de-Calais, Seine-Maritime et Somme.
 



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