Le vin dope la bio

Le 02 octobre 2012 par Stéphanie Senet
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Les vignobles bio ont accru leur superficie de 38% au 1er semestre 2012
Les vignobles bio ont accru leur superficie de 38% au 1er semestre 2012

L’agriculture biologique a poursuivi sa progression dans l’Hexagone au premier semestre 2012, selon le dernier bilan de l’Agence Bio. Sa part devrait avoisiner 4% de la surface agricole utile (SAU) à la fin de l’année.

Si l’agriculture bio poursuit son avancée, elle concerne plutôt les surfaces cultivées que le nombre d’exploitations, et surtout le vin, le lait et les céréales, indique le nouveau rapport que l’Agence Bio a divulgué ce 2 octobre lors d’une conférence de presse.

A la fin du premier semestre 2012, la France comptait 36.400 opérateurs, contre 35.271 fin 2011 (voir JDLE), soit une hausse de 3,2%. Par comparaison, les opérateurs avaient augmenté de 14% en 2011 par rapport à 2010.

Dans le même ordre de grandeur, le nombre de producteurs a augmenté de 3,8% au cours du premier semestre, pour atteindre 24.015 exploitations, contre 23.135 fin 2011. Il faut toutefois rappeler qu’en 5 ans, ce chiffre a plus que doublé (12.000 exploitations seulement en France en 2007).

Côté prévisions, l’Agence Bio table sur une belle hausse de 25% des surfaces certifiées bio en 2012. «Elles devraient avoisiner les 4% de la SAU à la fin de l’année», a indiqué Elisabeth Mercier, sa directrice, qui estime que le chiffre d’affaires devrait dépasser les 4 milliards d’euros. Cette progression serait toutefois 4 fois moindre que l’an dernier (+2,5% en 2012, +11% en 2011).

Au total, les surfaces représenteront plus d’un million d’hectares fin 2012, dont 870.000 certifiées bio, le reste étant en conversion.

Les surfaces qui connaissent les plus fortes croissances sont la viticulture (38%), les céréales (30%), et les fruits (18%) (1). La production de lait est également florissante avec une hausse de la collecte de 39% au premier semestre 2012, par rapport au premier semestre 2011.

Autre indicateur positif: les importations de produits bio se réduisent. Elles devraient passer sous la barre des 30% de produits bio consommés en France en 2012, contre 38% en 2009.

Pour la première fois, l’Agence Bio s’est penchée sur la question des effectifs. «C’est un secteur créateur d’emplois», conclut Elisabeth Mercier, qui se base sur les chiffres du recensement agricole réalisé en 2010 par le ministère de l’agriculture. En moyenne, une exploitation bio emploie ainsi 2,4 équivalents temps plein (ETP) contre 1,5 ETP dans une exploitation conventionnelle. «Cela représente 59% d’emplois en plus que dans les fermes conventionnelles», a calculé Elisabeth Mercier.

Les emplois s’avèrent plus nombreux dans les exploitations viticoles. «Comme je n’utilise pas de désherbant, je passe trois à quatre fois plus de temps à travailler le sol, c’est-à-dire à retirer l’herbe qui pousse au pied des vignes. C’est pourquoi j’emploie des saisonniers et des salariés du groupe d’exploitants auquel j’adhère, pour la taille et l’ébourgeonnage», témoigne un viticulteur bio du Maine-et-Loire. Les productions maraîchères et arboricoles fournissent aussi de nombreux emplois. Les plus gros employeurs se trouvent dans les régions Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), Pays de la Loire et Aquitaine. A elles seules, ces 5 régions représentent plus de la moitié des emplois des exploitations bios en France.

Au niveau réglementaire, deux évolutions récentes ont marqué la bio. Tout d’abord, le premier label concernant le vin bio est entré en vigueur dans l’Union européenne le 1er août dernier (voir JDLE). Il devrait accélérer le développement de ce secteur, déjà extrêmement dynamique puisque les surfaces viticoles bio ont quasiment triplé en l’espace de 4 ans (22.500 ha en 2007, 61.000 ha en 2011), pour représenter 7,4% du vignoble français. Les trois principales régions productrices sont le Languedoc-Roussillon, Paca et Aquitaine. Elles regroupent plus de 70% des surfaces bio pour 59% des producteurs. En région Paca, la part du vignoble bio atteint même 14,6% du vignoble total.

L’autre nouveauté concerne la restauration commerciale. Depuis le 1er octobre, les restaurants volontaires peuvent adhérer à un cahier des charges national pour obtenir une certification. Celle-ci distingue trois types d’engagements. Le premier concerne les restaurants qui n’introduisent qu’un ou plusieurs ingrédients bios dans les menus. Le second niveau intéresse les restaurants qui réalisent des plats ou des menus 100% bio. Enfin, le dernier stade labellise les établissements entièrement bio (2). Mais cette certification ne s’applique pas à la restauration collective.

La progression de la bio ne doit pas s’arrêter là. Selon la feuille de route pour la transition écologique, le gouvernement veut doubler la part de la bio dans la SAU entre fin 2012 et fin 2017 (de 4 à 8%) (voir JDLE). Un nouveau plan en faveur de la bio devrait d’ailleurs voir le jour avant mi-2013. «Ce nouveau plan doit montrer que l’agriculture bio est moins impactante pour l’environnement, créatrice d’emplois et source d’innovations comme les Amap (3). Mais il faut surtout des moyens pour tenir les nouveaux engagements», rappelle François Thiery, président de l’Agence Bio.

(1) Ces chiffres concernent les surfaces au terme de la période de conversion

(2) Dans les deux derniers cas, le restaurateur doit faire certifier son activité par un organisme agréé, et sera soumis à des contrôles.

(3) Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne

 



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