Le vin comme biocarburant

Le 06 mai 2005 par Ludivine Hamy
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550 millions de litres de vin excédentaires en provenance de France et d’Espagne seront transformés en biocarburant. Une mesure prise pour résorber les excédents conjoncturels du marché viticole communautaire.

Cette décision, prise par la Commission européenne pour limiter les surplus de vin sur le marché européen, s'inscrit dans le cadre des «distillations de crise». La distillation de crise est un mécanisme prévu pour faire face aux cas exceptionnels de perturbation du marché viticole et aux problèmes graves de qualité. Contrairement aux autres mesures de distillation, les prix, les volumes et les catégories de vins auxquels elle s'applique sont fixés par des règlements communautaires (1). Elle est appliquée par les producteurs sur une base volontaire. Ainsi, tout viticulteur souhaitant bénéficier de cette mesure doit souscrire un contrat avec un distillateur agréé qui se charge des excédents de vin, en échange d'un financement versé par l'organisme payeur agrée (l'Office national interprofessionnel des vins - Onivins) sur la base du Fonds européen d'orientation et de garantie agricole (Feoga).

Le 28 avril, le Comité de gestion du vin (2) a décidé d'accorder à la France et à l'Espagne une aide de 145 millions d'euros pour distiller et transformer en biocarburant quelque 550 millions de litres de vins de qualité produits dans des régions déterminées (VQPRD) (3). «La France a obtenu 3,35 euros par degré hecto», explique Jean-Gabriel Chevrier, responsable de la délégation Onivins de Libourne, en charge de la gestion des marchés. Au total, les viticulteurs français recevront ainsi 53 millions d'euros, pour 1,5 million d'hectolitres. Il s'agit du montant le plus important que la France ait jamais reçu de l'Union pour la distillation de crise. En échange, le gouvernement français aurait accepté d'arracher entre 15.000 et 18.000 hectares de vignes, destinés à la production de vin de table, afin de limiter le problème de la surproduction.

Pour l'heure, la procédure d'agrément d'opérateurs français pour la fabrication de biocarburants est en cours. Plusieurs entreprises comme Ethanol Union ou Total ont déposé leur candidature. «Ces opérateurs qui font déjà du biocarburant à partir d'autres types d'alcool (betterave…) tentent de diversifier leurs sources d'approvisionnement, explique Jean-Gabriel Chevrier. En outre, les débouchés pour les excédents de vin se sont réduits. Aujourd'hui, la fabrication de biocarburants est devenue la principale filière.» La Commission a déjà eu recours à la distillation de crise en 2001 pour des vins du Chianti (Italie) et, en 2002, pour des vins de table sans indication d'origine.



(1) Règlements (CE) n°1493/1999 et n° 1623/2000

(2) Organe décisionnel au niveau communautaire, chapeauté par la Commission et regroupant les représentants des Etats membres, dont le bureau du vin du Ministère de l'Agriculture

(3) Equivalent des Appellations d'origine contrôlée (AOC)




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