Le Vietnam abandonne le nucléaire

Le 14 novembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Tout avait pourtant bien commencé.
Tout avait pourtant bien commencé.
EVN

Hanoï a mis un terme, le 9 novembre, à son programme électronucléaire, jugé trop cher.

Depuis une vingtaine d’années, le Vietnam prépare son entrée dans le club des exploitants de centrales nucléaires. En juin 2010, Hanoï annonce son intention de mettre en service 14 réacteurs, sur 8 sites, d’ici 2030. De quoi accroître la capacité de production d’électricité de 11%, soit 15 gigawatts électriques (GWe). Il fallait bien ça dans un pays dont le PIB a pu croître de 10% l’an et où la demande d’électricité a bondi de près de 20% par an.

Les constructeurs de réacteurs font la queue devant le siège du parti communiste. Deux industriels sont pré-sélectionnés: le Russe Atomstroyexport et le consortium franco-japonais EDF-Areva-MHI, promoteur de l'Atmea.

4 premiers réacteurs

Dans la foulée, le gouvernement commande 4 réacteurs russes VVER-1200/V-491 de 1.200 MWe de capacité unitaire. Atomstroyexport construira les centrales et assurera la gestion du combustible. La totalité de l’investissement est financé grâce à un emprunt de 9,5 milliards de dollars (8,8 Md€), contracté en dongs et en roubles auprès de la Russie. 

La construction de la centrale de Ninh Thuan, à proximité de Phuoc Dinh (sud), doit en principe débuter en 2014. Elle sera reportée en 2019, pour cause d’audit de sûreté post-Fukushima. Elle a été définitivement annulée mercredi dernier.

La croissance de la demande baisse

Deux raisons sont avancées par les officiels vietnamiens. D’une part, la baisse de la croissance de la demande d’électricité. Celle-ci n’atteindrait plus qu’une dizaine de pourcents par an. Deux fois moins que prévu initialement. Mais c’est surtout le prix qui a fait reculer les membres du comité de l’électricité de l’assemblée nationale: le montant du devis de construction de la centrale a doublé. Dans un entretien accordé à l’agence de presse DTI, le député Le Hong Tinh estime que le montant de la facture de Ninh Thuan atteint désormais les 19 Md$ (17,7 Md€).

Interrogé par des journalistes vietnamiens, Duong Quang Thanh, le patron d’Electricité du Vietnam (EVN) confirme que le coût de production de l’énergie nucléaire est désormais trop élevé pour le pays. Reste à savoir si le petit tigre asiatique se tournera vers d’autres énergies décarbonées ou préférera construire de nouvelles centrales à énergie fossile.

 



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